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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 19:55

Nais. Nais ! Tout ! Tout… (mémoires d'un gardien de musée)

 

Le dernier recueil de Jehan van Langhenhoven, illustré avec talent par Roxane Maurer, nous plonge dans ce que le langage a peut-être de plus fondamental, la vacuité de l'être, et cette tentative permanente, plus ou moins évidente selon les locuteurs (les logopodes, dirait Jehan), de communiquer l'incommunicable, l'irréductible. Et pour atteindre à ce qu'on pourrait désigner ici le noyau dur de l'essence, l'auteur réussit le tour de force d'utiliser en même temps le langage dans ce qu'il a à la fois de plus riche et de plus dépouillé.

 

Paradoxe et grand écart permanent, le discours se place sous le signe de dualités qui s'entrecroisent, se heurtent, se mêlent, s'abolissent. Ainsi sommes-nous tout à la fois nos propres musées et nos propres gardiens, visiteurs d'une exposition permanente pris au piège entre le corps et la mémoire, un piège où l'être se noie, s'engloutit, disparaît dans la fonction pour ne laisser, après quelques rondes, que quelques ronds à la surface d'un temps impassible.

 

A l'origine,

dès sa prise de quart

le gardien de musée se doit d'avoir

une amie.

Une seule et unique amie :

sa montre.

 

Impossible aussi la fuite dans l'imaginaire, fût-il poétique : rien n'élève que l'illusion, et en définitive la chute – qui n'a rien de biblique – est perpétuelle.

 

Il y a les poètes, peu.

Les femmes, les champions et les roses.

Puis les philosophes peut-être.

Et leur métaphysique.

Qui à les croire concernerait Dieu, l'Etre et le Temps.

Autant dire une onomatopée, une longue suite d'hypothèses

et un puits sans fond…

 

C'est qu'en fin de compte, "le gardien de musée garde le gardien de musée".

Et le paradoxe ira jusqu'au bout : si le désespoir prend les apparences de la lucidité, ce n'est jamais le désespoir du pathos, mais plutôt la noblesse du désespoir, de ce désespoir qui à l'instar de Chronos rend au centuple l'énergie qu'il dévore.

 

Bernard Giusti

 

Nais. Nais ! Tout ! Tout… (mémoires d'un gardien de musée) - de Jehan van Langhenhoven -Œuvres picturales de Roxane Maurer - Editions Rafaël de Surtis, 2007 - 76 p., 12 euros

In Chemins de Traverse n°30, revue de L’Ours Blanc et de L’Homme Bleu, juin 2007

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Published by Bernard Giusti - dans Critiques bernardgiusti
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