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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 10:12

Ces dernières années les signes de la disparition programmée de l’APHP se sont multipliés. Les conséquences de cette disparition progressive sont très sensibles pour le personnel de Cochin.

 

De façon insidieuse, les gouvernements par l’entremise des ARS (1) mettent progressivement en place des réformes qui vont toutes dans le même sens et se sont considérablement accentuées avec la loi HPST (2), laquelle a transformé l’hôpital en entreprise commerciale. Les services médicaux sont désormais des unités de production, le directeur un chef d’entreprise et les patients des clients. Le fronton des hôpitaux de l’APHP n’arbore plus le logo avec le « cœur de l’APHP » mais se contente d’affirmer son appartenance à un groupe hospitalo-universitaire.

Sous prétexte de modernisation et d’efficacité comptable le regroupement des hôpitaux entraîne la fermeture de nombreux établissements publics de l’APHP, privant la population d’une offre de soins de qualité et de proximité. Ainsi l’implantation géographique de l’APHP se réduit-elle comme une peau de chagrin… En même temps, ces restructurations impliquent, par la mutualisation des services, la suppression d’un grand nombre d’emplois. Les sous-effectifs sont de plus en plus dramatiques. A Cochin on constate un sous-effectif de plus de 30%, ce qui met le personnel en danger d’erreurs professionnelles, avec des conséquences logiques pour la santé des patients. A tel point qu’il est permis de se demander si désormais dans de nombreux secteurs la sécurité des soins est assurée…

Le personnel est aussi confronté aux pénuries de fournitures (lingerie, solutés, certains matériels, etc.) dues à la politique des « flux tendus » qui interdit le stockage. De ce fait, en cas d’urgence il est fait appel à des sociétés privées, lesquelles sont sollicitées sur le critère du « moins coûtant ». Les flux tendus ont aussi une incidence sur les prévisions : à Cochin le Plan Canicule ne prévoit que 250 paires de draps pour un nombre de lits très largement supérieur. Tout est donc calculé non pas au plus juste, mais en-deçà des besoins…

D’autre part, on fait de plus en plus appel à des prestataires privés pour assurer le fonctionnement de l’hôpital. Depuis des décennies on supprime des métiers à l’APHP : personnel ouvrier, personnel d’entretien, personnel de sécurité… Inutile de dire que la conscience d’être au service du public en est considérablement amenuisée…

La loi parue le 12 mars au Journal Officiel permet désormais de remplacer des postes de fonctionnaires par des CDI (3). Ces prémisses de privatisation de la fonction publique hospitalière se déroulent sur le même schéma qu’à France Télécom : aux côtés de fonctionnaires déjà en place et bénéficiant d’un statut leur permettant de monter les échelons, se trouvent à présent des personnels relevant du droit privé laissés à la merci de la direction et des cadres. Ils ne peuvent ni négocier leur salaire, ni se prévaloir des droits des fonctionnaires. Ainsi non seulement l’hôpital est devenu le lieu d’une médecine à deux vitesses, mais aussi le lieu d’une exploitation à deux vitesses… D’ailleurs, comme à France Télécom, les suicides et les dépressions ont considérablement augmenté.

 

Le gouvernement Hollande persiste dans la casse du service public hospitalier : malgré les sous-effectifs majeurs déjà constatés, il annonce à nouveau des restrictions de personnel en déclarant ne remplacer que 2 postes de fonctionnaires sur 3. Bien sûr, puisque Hollande se préoccupe plus de rembourser la dette (à des banquiers qui pillent le pays) que de la Santé, il en fait supporter le coût aux fonctionnaires. Plutôt faire payer les petits que de changer de système… Comme le disait Alphonse Allais : « Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres. »

L’annonce de la vente du Siège historique de l’APHP couplée à la fermeture de l’Hôtel Dieu (le plus ancien hôpital de Paris), l’avance des élections professionnelles en 2014 pour les aligner sur l’ensemble des trois fonctions publiques : autres signes de la disparition de l’APHP en tant que telle, laquelle a perdu le statut dérogatoire qui lui permettait d’être un « moteur social » pour l’ensemble de la fonction publique hospitalière.

Sous couvert de partenariat avec des hôpitaux privés ou militaires (Cochin est partenaire avec le Val-de-Grâce) se met en place l’intégration des hôpitaux publics dans des GTS (4) où ils seront assujettis aux exigences du privé.

La disparition progressive de l’APHP est intimement liée à celle des services publics en général. En matière de Santé, il est évident que, sous les coups de boutoir du libéralisme de droite et de gauche,  les jours de l’hôpital public où l’on est soigné selon ses besoins et non selon ses moyens sont comptés…

 

Marise Dantin & Bernard Giusti, CGT COCHIN

 

(1)   ARS : Agences Régionales de Santé, mises place par Kouchner

(2)   Loi HPST : Hôpital Patient Santé Territoire, dite « loi Bachelot »

(3)   CDI : Contrat à Durée Indéterminée : les CDI, à la différence des fonctionnaires, peuvent être licenciés.

(4)   GTS : Groupe Territorial de Santé

 

Article publié dans l’Huma Dimanche

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