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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 19:49

Que les Lumières soient

 

Janvier 1789 : à la suite d'un accident, un avocat parisien, Marc-Antoine Doudeauville, éprouve le besoin de narrer

ses souvenirs. Il fait appel à un jeune homme de lettres, Georges de Coursault, afin de lui dicter ses mémoires.  De cette narration, mais aussi de la relation entre les deux hommes, naîtront une vaste fresque historique, couvrant les années 1766 à 1789, et un roman passionnant.

Valère Staraselski nous brosse le tableau saisissant d'une société en pleine mutation, perdant peu à peu ses valeurs traditionnelles et partant à la dérive. On sera sans doute étonné par " l'étrange modernité " des sentiments qui agitent les personnages et par les similitudes entre cette époque et la nôtre. Mais ces ressemblances ne doivent rien à un artifice d'écrivain, et c'est là toute la force de l'auteur, qui a su éviter les pièges de "l'historiocentrisme" (comme il peut y avoir un ethnocentrisme). Les personnages principaux, tous attachants et émouvants - Doudeauville et Coursault, bien sûr, mais aussi Constance, Julie, Sébastien, Maisonseule… - pensent et raisonnent avec les valeurs et selon les critères de leur époque, mais sans "l'empoussiérage de l'esprit" si courant dans les romans historiques.

 

Roman historique, certes, et le lecteur se délectera des intrications entre la petite et la grande histoire. Mais roman philosophique, tant la dialectique qui s'instaure entre le lecteur et le texte est permanente. Une dialectique qui n'est pas sans rappeler celle qui peut naître par exemple à la lecture de Zadig ou de Jacques le fataliste. Le style très pur de Valère Staraselski permet la conjonction entre la rigueur de l'historien et celle du philosophe, et le résultat est ce roman que l'on peut lire à la fois comme un roman d'action, comme un roman historique ou comme un roman philosophique.

 

Au-delà des histoires d'amour qui constituent quelques-uns des fils du récit, Valère Staraselski ne s'est pas contenté de nous raconter une histoire, ni de nous raconter l'Histoire. Il ne s'est pas contenté non plus de nous entraîner dans les enjeux politiques qui sous-tendaient les enjeux philosophiques de cette époque. Non plus que de dénoncer une énième fois les souffrances du peuple de France. Il a su garder de bout en bout la distance nécessaire pour éviter les pièges de la moralisation de l'histoire, si courante et désastreuse à l'heure actuelle, et nous rendre toute la complexité de cette époque charnière dans l'histoire de France.

Si l'auteur s'implique çà et là dans le récit, ce n'est jamais pour nous donner des leçons, de morale ou d'histoire : à chacun de les prendre, s'il le peut ou le désire. Il ne le fait parfois que pour défendre des positions humanistes et générales, à travers Georges de Coursault surtout, par exemple lorsqu'il fait l'apologie du travail personnel et de la discipline qu'il faut s'imposer jour après jour pour se dépasser et s'émanciper tant que faire se peut des idéologies dominantes et de l'asservissement de l'esprit.

Comment ne pas relever la similitude entre cette période et la nôtre : l'affaiblissement du pouvoir central permet la montée en puissance de la bourgeoisie et de l'affairisme conduisant inéluctablement à faire passer les intérêts privés avant l'intérêt public, les luttes des factions non pas pour des projets visant au bien-être de tous mais pour assurer les profits de quelques-uns, et un peuple souffrant de chômage et de misère et ne servant jamais que de marchepied pour l'accession au pouvoir des hommes politiques… ajoutons-y les scandales financiers ou la dépravation morale des classes dirigeantes… ça ne vous rappelle rien ? 

 

Mais il y a une différence de taille avec notre époque : c'était le siècle des Lumières, et ceux qui faisaient référence, non seulement parmi les gens éduqués mais aussi parmi le peuple, s'appelaient Diderot, Voltaire, Rousseau… pour n'en citer que trois parmi les plus célèbres. Aussi nous prenons-nous à regretter que la France actuelle ne compte pas de philosophes ou de personnalités intellectuelles de cette envergure, d'esprits susceptibles d'initier, en même temps qu'un retour aux principes fondamentaux de la République, l'élan nécessaire au triomphe de la raison sur l'obscurantisme qui prévaut à nouveau aujourd'hui. Mais ce ne sont pas les ersatz de philosophes médiatisés que nous connaissons qui sauraient remplir cette fonction…

 

Avec un incontestable talent, Valère Staraselski nous offre un roman didactique et envoûtant, un éclairage sur le siècle des Lumières en même temps qu'une lumière sur notre époque, époque politiquement, philosophiquement et moralement plongée dans la pénombre. Sans doute tenons-nous là un ouvrage annonciateur du renouveau des Lumières. Aussi, l'irréductible athée que je suis se surprendra-t-il à dire : que les Lumières soient !

 

Bernard Giusti

 

 

Valère Staraselski, Une Histoire Française - Paris, janvier 1789, Le cherche midi éditeur, 2006, 395 pages, 19 euros

In Chemins de Traverse n°30, revue de L’Ours Blanc et de L’Homme Bleu, décembre 2006

 

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 19:45

Les eaux étroites : le titre que Julien Gracq a donné à ce petit livre n'est évidemment pas sans rappeler celui d'André Gide, La porte étroite. Et ce n'est pas un hasard.

 

"Presque tous les rituels d'initiation, si modeste qu'en soit l'objet, comportent le franchissement d'un couloir obscur […]" : au fil de l'Evre, le récit se partage entre la nostalgie des souvenirs et la navigation initiatique, n'obéissant qu'aux seules lois d'une rêverie qui s'ordonne sur le cours de la rivière. Et si le parcours des eaux prend parfois des chemins sombres et vaguement inquiétants, on comprendra que ce "couloir obscur" dont parle Gracq n'est autre que celui de la mémoire, qui se reconstitue en retrouvant pas à pas cette capacité propre à l'enfance, et nécessaire aux écrivains et aux artistes, la capacité de s'étonner, au sens philosophique du terme, et ce faisant de vivre l'instant comme un perpétuel mystère.

 

Classique, le style de Julien Gracq est impeccable, et ce petit récit séduit non par son originalité, mais par la qualité humaine qui s'en dégage et qui nous rappelle, au besoin, que chaque instant peut être un instant de magie.

 

Bernard Giusti

 

Julien Gracq, Les eaux étroites, José Corti éd., 1976

In Chemins de Traverse n°30, revue de L’Ours Blanc et de L’Homme Bleu, décembre 2006

 

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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 23:05

Marie-Agnès & Bernard au Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac

 

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11 septembre 2005 7 11 /09 /septembre /2005 17:09

Manifeste actualiste, Sonia Viel, Bernard Giusti, Annie Maurer, Jean-Michel Platier, Thierry Renard, Valère Staraselski, Ed. Bérénice, coll. Alix, septembre 2005

 

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15 août 2005 1 15 /08 /août /2005 16:27

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19 mai 2004 3 19 /05 /mai /2004 16:51
Arthur Rimbaud : la rupture, essai présenté au Colloque Arthur Rimbaud, organisé à la Sorbonne le 19 mai 2004, publié in revues Chemins de Traverse n°24 et Vendémiaire n°12
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11 mai 2004 2 11 /05 /mai /2004 17:14
Que penser du prêt payant en bibliothèque ? débat dans le cadre de Lire en Fête, Mairie du 19e, Paris, 15 octobre 2000
Un écrivain rencontre un écrivain, Bernard Giusti interviewé par Chantal Portillo, La Maroquinerie, Paris, 8 avril 2002
La culture, débat autour de « Culture pour Tous », La Maroquinerie, Paris, 15 novembre 2002
Mémoire et témoignage, cabaret littéraire, Vanves, 5 octobre 2003
Poésie et liberté, débat animé par Geneviève Moll (France2) ; avec Alain Borer, Pierre Bunel, CharlElie Couture, Bernard Giusti, Claudine Helft, Emmanuel Lequeux, Daniel Leuwers, Bernard Mazo, Jean Métellus, Serge Utge-Royo ; Sorbonne, 13 mars 2004
Colloque Arthur Rimbaud, Sorbonne, 19 mai 2004
 
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2 mai 2004 7 02 /05 /mai /2004 23:01

Bernard Giusti, Jean-Michel Platier, Thierry Renard

"Le chamanisme est sans doute l’une des plus anciennes formes institutionnalisées de la spiritualité. Sans doute a-t-il évolué par la suite vers des rituels religieux, mais il a conservé l’essence même de sa naissance : servir d’intermédiaire entre les hommes et les esprits de la nature. Trois poètes se sont réunis autour de cette fonction : dévoiler par la parole cet autre monde qu’est la poésie. Le poète est lui aussi un intermédiaire : il doit amener le lecteur à changer son regard sur le monde et à découvrir ce qui se cache derrière les apparences. Tout comme le chaman, le rôle du poète n’est pas de « guérir » au sens occidental du terme, mais de tendre à une harmonie intérieure, à un équilibre entre l’homme et la représentation qu’il se fait du monde. Bernard Giusti, Thierry Renard et Jean-Michel Platier ont entrepris cette aventure de suivre en commun et tour à tour le chemin de cette poésie. Leurs trois voix se sont mêlées pour n’en faire qu’une, pour que naisse cette parole tout entière vouée à leur idéal de découverte et de partage. Puisse le lecteur les accompagner dans cette voie…"

  

Michel Straußeisen

Chaman, éd. Bérénice, 2004, 10 euros

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11 février 2004 3 11 /02 /février /2004 17:06

Après la mêlée, texte écrit en commun avec Jean-Michel Platier et Thierry Renard, in Citoyen Robespierre de Thierry Renard, Ed. Bérénice, Paris¸ février 2004

 

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1 novembre 2003 6 01 /11 /novembre /2003 00:02

de Bernard Giusti
illustré par des dessins d'Annie Maurer

Nous ne pensons pas dans l'instant. Quelle que soit la pensée, elle dépasse toujours les limites de l'instant. Et si ma vie est dans mes rêves, il faut prendre la formule pour ce qu'elle est : notre vie n'est pas dans nos rêves, mais ce sont nos rêves qui lui donnent un sens, et confèrent le statut de réalité à notre existence. La poésie, c'est la rencontre du rêve et du langage. Nous nous évertuons à vouloir changer le monde, mais nous le transformons à chaque instant, dans le regard que nous lui portons.
(...) Je voulais effectivement contraster la poésie et le récit, et non plus les mêler comme dans La danse des masques. L'une des clefs de ce contraste tient dans la phrase Tout le reste est imaginaire, ce tout le reste désignant bien sûr la réalité, en opposition avec la poésie, c'est-à-dire le rêve. La vie est absurde, mais la poésie a un sens.

Bernard Giusti, Extrait d'une lettre à une amie

Critique de Blandine Longre :
Le vide et le plein
Ouvrage qui ne peut être rangé dans aucune catégorie classiquement admise, voyage onirique comparable à aucun autre, La danse des masques est d’une densité brute : le lecteur, indéniablement sous le charme, assiste à une étrange confrontation initiatique, un face à face poétique entre un homme et un masque africain, tous deux se révélant par couches successives, se démultipliant à foison. Chacun d’eux (le bois lisse, énigmatique, la chair vivante) observe l’autre, le jauge et le pousse dans ses retranchements : « Parce que tu es devant moi comme une évidence, parce que tu me nargues et parce que tu m’es nécessaire » répond l’homme au masque, qui ne sait pourquoi l’homme s’adresse à lui.
C’est d’abord une quête identitaire qui pourrait se révéler banale et à laquelle le lecteur est invité à prendre part : peut-on réellement se connaître ? Est-on à jamais condamné à s’ignorer soi-même ? « La différence entre les apparences, ami, c’est que le masque de chair est à l’origine de tous les masques. La différence entre les masques, c’est qu’il en est un qui nous sera à jamais invisible : notre propre visage. » C’est de ce terrifiant constat que semble partir le narrateur, conscient de son incapacité à capturer son sens et son essence ; car le masque de chair que nous portons tous possède la même fonction que son frère de bois : il dissimule aux autres et à son propre regard ce que l’âme recèle ; l’homme est ainsi face au masque comme face à un miroir trompeur qui suggère plus qu’il ne renseigne : « Tous, nous communiquons par les fentes étroites de nos yeux béants et fixes. Nos masques ne sont que façades, masques de Dionysos troués de vides. Nous figurons. Nous faisons face. Face à tous sauf à nous-mêmes, car nos miroirs ne réfléchissent que le néant des figurines. » nous dit le masque.
Entre l’homme et son double de bois une multitude de regards, de pensées, de mots et de réminiscences sont échangés et le temps semble comme suspendu, donnant lieu à un dialogue entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort, entre le vide et le plein, une conversation qui, le temps d’une nuit, pourrait se vivre comme une parenthèse atemporelle, un instant qui durerait et s’épanouirait, paradoxalement, le temps d’un livre. Ainsi, la réflexion sur l’être se double inéluctablement d’une réflexion sur la représentation du temps comme une idée uniquement intime et individuelle : « L’événement n’est qu’un accident sur le droit fil de la durée, et la durée elle-même une architecture de l’esprit, une manière propre à chacun d’enchaîner les instants. » nous dit l’homme, et le masque de renchérir, un peu plus loin : «L’instant est la rencontre du temps et de l’espace dans l’éclat renouvelé d’une conscience sans cesse en mouvement. » Etait-ce là le secret que semblait vouloir percer le narrateur ?

Les qualités métaphysiques de la réflexion ne font aucun doute, non plus que les tentatives allégoriques qui ne cessent de se déployer ici : le carnaval de la vie est vécu comme une illusion par l’homme qui a compris qu’il faut creuser davantage et aller au-delà de la mascarade des masques ; c’est ainsi que la traditionnelle métaphore shakespearienne de la vie comme scène de théâtre et/ou carnaval, bref, une illusion, est ici réemployée à dessein, l’existence n’étant qu’un grand charivari dont la seule fonction serait de dissimuler le néant des âmes, ou leur trop-plein...
Ce dialogue est ainsi une façon d’interroger le tout et son contraire, indissociables, d’estomper les frontières qui séparent le réel de l’irréel, de revenir sur la « comédie » de l’enfance et de la vie tout court, et le masque de bois, qui dévoile peu à peu ses multiples visages, est aussi là pour guider l’homme vers une renaissance, au « cœur de la réalité » : « Je suis un simulacre, je suis fait pour tromper, et je dissimule pour mieux révéler. » déclare-t-il avant que ne démarre le rituel ; puis les masques se font connaître, un à un : celui de la tragédie, le premier de tous, puis Inua « le masque double », le « double humain de l’animal que tu portais en toi », à la fois chien, cheval et poisson, mais qui est aussi Tunghat le maléfique ; puis viennent Swaihé, le masque trouble qui « change les signes en leur contraire » et le Masque des masque, «masque du vivant, ma seconde face s’ouvre sur la mort et le néant».


Mais c’est aussi la poésie qui se dégage de l’ensemble que retiendra le lecteur, une prose qui, par instants, se mue irrésistiblement en vers libres ; c’est encore l’évocation de l’Afrique (maintenant déchue) et de ses rites, de ses légendes et de ses couleurs, et aux souvenirs du masque vient se mêler un conte inuit d’une grande sagesse, qui tente de définir la notion d’humanité. Ce périple éclatant est suivi d’une série de textes, regroupés sous un seul titre, Afrique : des poèmes disparates et quelques textes émouvants, pour la plupart autobiographiques, des visions protéiformes du continent africain (« un idéal de couleurs, d’odeurs et de mystères… »), de terribles souvenirs d’une enfance qui n’en fut pas une («Enfant, je rêvais d’être un enfant… »), et la poésie, agissant comme un baume salvateur et vengeur (« La poésie est naissance. »).
De la même façon qu’il donne vie à nos masques, Bernard Giusti parvient à mettre en mots l’indicible, et au détour d’une phrase, au coin d’un paragraphe, le poète recrée des sensations que l’on a pu connaître, des intuitions jamais énoncées que l’on se surprend à comprendre enfin : là tient peut-être la magie de sa poésie – et de la poésie en général - , la capacité à formuler l’informulable.


Blandine Longre
(octobre 2003)
http://www.sitartmag.com/bernardgiusti.htm

 



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