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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 20:13

Xavier Bertrand, ministre de la Santé de Sarkozy, a récemment donné le coup d’envoi d’une nouvelle offensive contre les statuts de la fonction publique, en s’en prenant aux « emplois à vie » des fonctionnaires. Cette attaque n’est pas anodine mais se situe dans la droite ligne de la politique libérale menée depuis plusieurs décennies,  dont l’objectif est de privatiser tous les services publics. Mais ce qui est visé, au-delà des profits des patrons, ce sont les structures fondamentales de la République issue de la Révolution de 1789.

Les services publics « à la française » font en effet figure d’exception dans « l’Euramérique » chère à Sarkozy. Dans l’optique républicaine, les services publics devaient permettre à tous les citoyens de la Nation de bénéficier de services de même qualité partout sur le territoire de la République. C’est à travers les services publics que l’un des principes de notre devise, l’égalité, peut être assurée. Un citoyen, où qu’il se trouve, doit pouvoir se faire soigner, éduquer ses enfants, voyager, être protégé, dans les mêmes conditions que tous les autres citoyens, et ceci en fonction de ses besoins et non pas de ses moyens.

Tout cela n’est pas du goût de nos libéraux (Hollande), néolibéraux (Sarkozy) ou ultralibéraux (Le Pen), qui voient d’un mauvais œil que les impôts pris aux citoyens puissent financer les services publics. Pour eux, ces derniers sont surtout un domaine dans lequel ils ne peuvent pas faire de profits. Les transformer en un vaste marché répond donc à deux objectifs : ouvrir un espace de profits et contribuer à faire disparaître les institutions et les structures de la République, incompatibles avec la vision anglo-saxonne d’une société libérale[1], ou antinomique avec « l’Etat français » pétainiste[2].

Cette politique capitaliste génère ses effets pervers : inégalité dans les soins, l’éducation, les transports, la protection sociale, la police, etc., tout cela sur un fond d’appauvrissement exponentiel de la population et d’enrichissement indécent du petit nombre des plus riches. Et si la France tend aujourd'hui vers une structure sociale de type tiers-monde, c'est bien par l'écart de plus en plus grand - un gouffre - entre les pauvres et les riches, l'appauvrissement des classes moyennes et la corruption de la "noblesse républicaine"[3].

L’entreprise de démolition des fondements de notre République n’aurait pas été possible sans la totale confiscation du pouvoir par la bourgeoisie. Sa mainmise  n’est certes pas nouvelle et a commencé dès la Révolution. Mais au fil des époques marquées d’avancées et de reculs, elle s’est progressivement renforcée, particulièrement au 20e siècle grâce à l’essor des médias et des communications. Dès lors la bourgeoisie a eu entre les mains une formidable arme de propagande idéologique. L’indépendance de la presse garantie par le CNR n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir et la pensée unique domine les ondes, les écrans et les journaux. Simultanément, des verrous institutionnels interdisent désormais toute réelle démocratie, réservant le pouvoir à une caste complice de la finance et du patronat. Le dévoiement des institutions démocratiques est particulièrement évident aujourd’hui[4]. Notre démocratie est bien celle du « cause toujours ».

Face à la machine de guerre mise en place par le patronat et la finance pour asservir les citoyens avec la complicité d’une classe politique corrompue, quelles ripostes peuvent apporter les forces réellement démocratiques à la gauche du PS ? Bien évidemment seule une mobilisation populaire massive pourrait contrer l’offensive libérale. Pour ce faire, les forces de gauche, qu’il s’agisse du PCF ou de la CGT,  mettent en avant une nécessaire « unité ». Le grand mot est lâché ! Or l’unité peut recouvrir bien des réalités. La vision unitaire est un des principes mêmes du communisme, et l’une des bases du syndicalisme. Cependant, soit par souci électoraliste, soit par raisonnement idéologique faussé, certains de nos camarades pensent que c’est en faisant l’unité avec d’autres partis ou syndicats que se renforcera la lutte des classes. Eh bien non, c’est l’inverse : « La lutte des classes est la base de l’unité, son motif le plus puissant. »[5] C’est en affirmant nos positions de lutte des classes que nous pourrons rassembler, étant entendu que l’unité des travailleurs n’a rien à voir avec un ramassis de partis ou syndicats réformistes.

La voie du réformisme et de la collaboration de classes ne peut que renforcer le capitalisme : « Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. »[6] Les dernières décennies l’ont prouvé : chaque fois que la CGT ou que le PCF se sont rapprochés un peu plus des réformistes, les travailleurs en ont payé le prix.

C’est en affirmant nos valeurs sur une ligne de lutte des classes que nous pouvons rassembler la Nation afin de changer ce système corrompu et d’instaurer une nouvelle République basée sur la justice sociale  et le partage équitable des richesses. La nécessaire unité des travailleurs ne doit pas passer par des mésalliances : à ceux qui partagent nos positions de classe de nous rejoindre, nous ne devons pas nous compromettre avec les sbires du capitalisme.

 

 

Bernard Giusti & Marise Dantin

Responsables CGT Cochin

 



[1] Par ex., celle de l’Europe

[2] Que Mme Le Pen aimerait tant rétablir

[3] Cet écart a été encore aggravé par l’invention de « la dette », que l’on peut qualifier d’arnaque du siècle. La dette permet au capitalistes d’augmenter les impôts en diminuant les dépenses publiques (mais alors à quoi servent les impôts ?), d’augmenter la pression sur les salaires (notamment grâce au chômage), etc. Invention géniale pour les capitalistes, la dette a pour nature de ne jamais pouvoir être épurée !

[4] Cf. le référendum sur le TCE ignoré et bafoué par Sarkozy

[5]- 6 Henri Krasucki

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 22:26

Les deux conférences organisées par la CGT Cochin avec le Front Syndical de Classe  les 25 et 26 novembre 2013 sont en ligne.

Cliquez sur les liens suivants :

 

 

"Les salaires, le syndicalisme" par Annie Lacroix-Riz

 

 

"La retraire, c'est révolutionnaire" par Bernard Friot

 

multipleWEB

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 12:06

oriane.jpgDans un style léger, parfois presque aérien, Danièle Gasiglia-Laster nous livre ici un récit qui serpente entre le rêve et le conte poétique.


Sur le fond d’un mythe originel, celui du “paradis”, monde perdu dans lequel hommes et bêtes parlaient le même langage et vivaient sur un pied d’égalité, l’auteur, non sans humour, s’amuse à rassembler les grandes figures de l’Histoire, de l’Art et de la Littérature. A commencer bien sûr par ceux dont elle est spécialiste, Marcel Proust (Orianne est d’ailleurs un personnage de Proust), Victor Hugo, et Jacques Prévert, qui sans doute apparaît aussi dans la “malice poétique” de ces rencontres improbables.


Mozart, Sarah Bernhardt ou César, et bien d’autres, s’y côtoient et s’y succèdent, et l’on appréciera par exemple la rencontre d’un Hitler cherchant les bonnes grâces d’un Wagner fuyant et mécontent !
Danièle Gasiglia-Laster s’y inspire aussi de Lewis Caroll et de Jonathan Swift, utilisant tout comme dans Alice ou Gulliver, l’abolition des différences d’échelles entre les hommes, les animaux et les insectes, pour mieux faire ressortir toute la relativité des valeurs humaines, et souvent leur ineptie.


Mais loin de s’embourber dans un “récit fourre-tout”, Danièle Gasiglia-Laster intègre toutes ces influences dans un “voyage” très bien structuré et sur un mode alerte qui emmène le lecteur dans un monde où la morale s’affranchit des rapports de pouvoir et de possession, en particulier de possession de l’autre.
Et l’une des leçons que l’on retiendra, c’est que finalement, même au paradis, la perfection n’existe pas !

Bernard Giusti

 

Le Voyage d’Oriane de Danièle Gasiglia-Laster, Les Cahiers Luxembourgeois, 2000

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 08:23

13-11-21 Article Huma Tete APHP WEB

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 12:23

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Huma Dimanche du 31 octobre au 6 novembre 2013

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 12:24

Les 25 et 26 octobre 2013, à l'invitation de la CGT de l'hôpital Cochin et avec le soutien du Front Syndical de Classe, des rencontres avec conférences-débats ont été organisées à l'hôpital Cochin. 

Le 25 octobre, notre amie et camarade l'historienne Annie Lacroix-Riz est intervenue sur "La question des salaires en France".

Le 26, notre camarade l'historien Bernard Friot développa sur le thème "La retraite, c'est révolutionnaire".

Deux journées au cours de laquelle des militants venus des quatre coins de la France ont pu se rencontrer et échanger leurs réflexions et leurs expériences.

 

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En haut à gauche, Annie Lacroix-Riz ; en haut au milieu, Annie Lacroix-Riz, Marise Dantin et bernard Giusti ; en haut à droite, Bernard Giusti

 

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Bernard Friot

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 20:16

Valère Rois1   Publié après Une Histoire Française, l’Adieu aux Rois n’en est pourtant pas, à proprement parler, « la suite » tant les deux romans sont différents, aussi bien dans la construction que dans l’objet. Si bien sûr l’Histoire les relie (Une Histoire Française se termine deux mois avant juillet 1789, l’Adieu aux Rois porte sur 1793 et début 1794), Valère Staraselski ne vise pas le même but.

Ainsi dans Une Histoire Française l’auteur dresse-t-il un saisissant portrait, très documenté, de la société de l’Ancien Régime à la veille de la Révolution, un portrait historique, sociologique, philosophique et politique. Les germes de la Révolution sont bien présents et en fermentation, mais le peuple reste dans sa grande majorité attaché à la royauté.

Dans l’Adieu aux Rois, la Révolution a eu lieu et elle s’installe avec tous les soubresauts que l’on sait. 1793 sera l’année où la Nation rompt définitivement avec la royauté. Louis XVI a été décapité le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette le sera le 16 octobre 1793. La Révolution avait supprimé les représentants de la royauté, il lui restait à opérer la rupture symbolique pour s’en affranchir définitivement.  La décision de détruire les tombeaux royaux et de regrouper les dépouilles des rois dans deux fosses communes sera exécutée en août et en octobre 1793. Des actes qui horrifieront et marqueront les esprits bien-pensants de l’époque, et d’aujourd’hui encore, mais qui furent nécessaires au regard de l’Histoire.


Tout le roman se déroule à travers les conversations de trois personnages, déjà présents dans Une Histoire Française, avec l’organiste de la basilique de St Denis, qui a assisté aux évènements. Avec son talent habituel, Valère Staraselski met en parallèle les prises de position de Maximilien Robespierre et les profanations de St Denis. Dans cette période tourmentée de la Révolution, Robespierre garde avec courage et lucidité un cap intangible : assurer et enraciner une fois pour toutes la République, laquelle est assiégée par ses ennemis, dont une grande partie de la noblesse réactionnaire qui s’est alliée avec les pays étrangers contre la Nation.


Certains verront sans doute dans l’Adieu aux Rois une « réhabilitation » de Robespierre, puisqu’il semble que pour un grand nombre de nos contemporains, aveuglés par la propagande de la bourgeoisie, le rôle de Robespierre dans la Révolution se réduit à être l’un des artisans de la Terreur. En réalité, Valère Staraselski a simplement rendu à la politique menée par Robespierre la dimension historique à laquelle elle a droit. En conséquence, le roman apparaît avant tout comme une défense de l’idée républicaine, de la République et de la Nation. Défense dont on a grand besoin à notre époque où la propagande de la bourgeoisie au pouvoir multiplie les assauts contre la Nation, allant jusqu’à des tentatives de réhabilitation de tous les ennemis de la République. Ce fut le cas récemment avec Sarkozy voulant réhabiliter Louis Renault, collaborateur des nazis. C’est le cas avec les films, les articles et les livres qui se multiplient ces derniers temps pour tenter de nous faire accroire que Marie-Antoinette, Louis XVI et toute la clique de l’Ancien Régime étaient après tout de braves gens. En réalité, ils étaient avant tout les représentants et les bénéficiaires d’un système détestable.

 

Bernard Giusti

 

Valère Staraselski, Une Histoire Française, cherche midi, août 2006

Valère Staraselski, L’Adieu aux Rois, cherche midi, août 2013

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 12:42

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[Cet article a été publié dans L'Anti-Casse, n°4, sptembre 2013, le journal de la CGT Cochin. Je l'ai volontairement écrit "à la serpe". Notamment, il n'y est pas fait mention de l'Unité Populaire que dirigeait Allende, ni du rôle des autres partis de l'Unité Populaire, dont celui du PC chilien, étant entendu que dans toutes ces alliances entre la gauche et le PS, c'est le réformisme du PS qui a toujours prévalu et mené la danse. L'accent a volontairement été mis sur la position réformiste du PS chilien. C'est que le propos de l'article, qui s'adresse à des collègues et camarades peu férus d'histoire et encore moins de théorie, était avant tout de passer le message suivant : il n'y a rien à attendre de la collaboration de classe, rien à attendre du capitalisme, et donc rien du réformisme.

Nous sommes dans une période historique où le capitalisme est ouvertement "sauvage", ce dernier terme laissant supposer qu'il y a un capitalisme "raisonné". Il est vrai qu'il y a eu, en France par exemple au sortir de la guerre et sous le gaullisme, un capitalisme soucieux a minima du bien public. Mais raisonné ou sauvage, le capitalisme n'a jamais d'autre but que de conserver et accroître les intérêts de la bourgeoisie au détriment des travailleurs.

Dans cette période historique que nous vivons, donc, nous voyons nos dirigeants syndicaux et politiques se rallier aux sirènes de la collaboration de classe. C'est pourquoi il était important de signifier à mes collègues et camarades que la collaboration de classe ne mène qu'à une seule chose : désarmer les travailleurs dans la défense de leurs intérêts et provoquer la division en leur sein (Henri Krazucki).]

 

 

Il y a quarante ans, le coup d’Etat fasciste au Chili : syndicalisme réformiste et syndicalisme révolutionnaire

 

Réformisme politique et économique…

Dans un système capitaliste (1) la recherche de l’accroissement des profits se heurte toujours à l’ordre social. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays (mais aussi en Europe et dans le monde) : le développement capitaliste (2) ne peut plus se faire qu’au détriment des conditions d’existence de la masse de la population. C’est la raison pour laquelle depuis plusieurs décennies les gouvernements libéraux de droite et de gauche s’attaquent résolument à tous nos acquis sociaux.

Il y a 40 ans avait lieu le coup d’Etat militaire au Chili. Un gouvernement socialiste avait été élu, prenant entre autres mesures l’expropriation des grands propriétaires terriens et des nationalisations d’entreprises : c’en était trop pour la bourgeoisie du pays qui fomenta un coup d’Etat sous la houlette du général Pinochet. Pendant des mois la bourgeoisie prépara le terrain aux militaires en déstabilisant le pays (3). Les Etats-Unis, pour défendre les intérêts capitalistes et sous prétexte d’une menace communiste, appuyèrent et financèrent le coup d’Etat. Le régime fasciste de Pinochet (4) s’installa au pouvoir pendant 17 ans, avec son cortège d’innombrables assassinats, viols et tortures, et une régression sociale sans précédent. L’ordre capitaliste avait été rétabli, le peuple muselé, et durant cette période de dictature la bourgeoisie, plus que jamais, « fit des affaires » et s’enrichit tandis que les Chiliens s’appauvrissaient.

Le libéralisme n’a qu’une seule loi : faire des affaires à tout prix pour le seul profit de quelques-uns. Lénine (5) disait que « les faits sont têtus » : pour qui veut les lire, au-delà de la propagande idéologique libérale largement médiatisée, les leçons de l’Histoire sont claires. Comme le rappelle Marise Dantin dans son discours du 25 août dernier, en France le Conseil National de la Résistance (CNR) imposa lui aussi des nationalisations. Il imposa au nom du bien public des mesures sociales et économiques qui allaient contre les intérêts capitalistes privés. Pourtant il n’y eut pas de coup d’Etat. C’est qu’au sortir de la guerre les représentants du capitalisme, les patrons, avaient tant collaboré avec les nazis (6) que, discrédités, ils ne purent s’opposer au CNR et aux grandes avancées sociales (7) voulues par le peuple. Alors pourquoi Allende ne put-il éviter le coup d’Etat ? L’une des raisons est qu’Allende était avant tout un socialiste, c’est-à-dire un réformiste. Fidèle au credo socialiste, Allende voulut respecter jusqu’au bout les règles politiques et institutionnelles mises en place par les pires ennemis du peuple, les patrons (8).

Fidèles à leurs dogmes, les socialistes français continuent, malgré les leçons de l’Histoire, à vouloir croire que l’économie libérale, taillée sur mesure pour les patrons, est une nécessité incontournable. Les socialistes sont des gens qui croient que le capitalisme peut être gentil ! Ils s’imaginent que finalement on peut toujours s’arranger avec lui et parvenir à lui soutirer quelques miettes sociales… Cette position socialiste, c’est une des facettes du réformisme : on ne touche pas au système, on essaie de s’arranger avec lui.

 

… et réformisme syndical

Mais c’est sans compter avec les appétits féroces du patronat, français et international, représenté en France par le MEDEF, qui ne laisse à Hollande et ses amis pratiquement aucune marge de manœuvre et le contraint à de nouvelles régressions sociales (9). Malgré tout, Hollande reste droit dans ses bottes et respecte les « règles » économiques capitalistes, bien plus frileux en cela que ne le fut Allende. C’est pour respecter ces règles que Hollande nous impose une austérité (10) qui ne profite qu’aux seuls patrons. C’est cette politique qui génère l’augmentation intolérable du nombre de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté en France (11). Les gouvernements réformistes, libéraux, sont bien les fidèles alliés du patronat.

Dans ce contexte, quel peut être le rôle des syndicats ? A priori, ils ont tous un but commun : défendre les intérêts des travailleurs (12). Mais comme on l’a bien deviné dans ce qui précède, ce n’est pas si simple ! Ce qui définit l’action d’un syndicat, c’est sa position par rapport au système politique et économique. Autrement dit, c’est le type de société qu’il estime le plus à même d’être favorable aux travailleurs. Dès lors les syndicats se divisent en deux grands groupes : les syndicats réformistes et les syndicats révolutionnaires. Les syndicats réformistes acceptent le système capitaliste et pensent qu’on peut s’arranger avec lui. Les syndicats révolutionnaires constatent que le système capitaliste n’a qu’un seul but, exploiter toujours plus les travailleurs, et pensent qu’il faut changer de système.

« Marx disait que l’idéologie dominante d’un ordre social donné est nécessairement celle de la classe dominante, sauf en période de révolution. Le réformisme, qui prétend concilier les intérêts des travailleurs et ceux des capitalistes, est l’expression au sein du mouvement ouvrier de l’idéologie actuellement dominante, et donc capitaliste.» (13) En France, l’un des syndicats réformistes est la CFDT, qui a signé l’ANI (14), qui livre les travailleurs pieds et poings liés au bon vouloir du patronat. Pour la CFDT, « la crise est l’affaire de tous » et il faut aider les patrons ! Bref, quand les patrons disent « on va vous prendre 50% de votre salaire », la CFDT dit « négocions, ne prenez que 25% » !

Pour la CGT Cochin, il n’y a rien à attendre de bon des patrons ou d’un gouvernement libéral, parce qu’il n’y a rien à attendre de bon du système capitaliste. La CGT Cochin se situe parmi les syndicats dits révolutionnaires parce qu’elle milite pour un changement de système (15). Et c’est bien le rôle que la CGT doit jouer : défendre les travailleurs, ce n’est pas seulement les défendre au cas par cas dans les entreprises, c’est aussi défendre leurs intérêts en militant pour l’instauration d’un nouveau système économique et politique, un système dans lequel la production des richesses ne profiterait pas seulement aux patrons et aux spéculateurs mais à l’ensemble de la population.

Depuis 1789, et surtout depuis 1793, la bourgeoisie n’a cessé de combattre l’un des principes de la Révolution française, la « vertu républicaine », qui consiste à toujours choisir le bien de tous contre les intérêts particuliers. Aujourd’hui les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général. Les acquis de la Révolution française ont été trahis depuis longtemps par la bourgeoisie triomphante et les patrons peuvent piller le pays impunément, sur le dos des travailleurs bien entendu…

Comme le souligne Marise Dantin (16), pour la CGT Cochin les dirigeants syndicaux ne doivent pas s’asseoir à la table des négociations. On ne négocie pas sur des revendications patronales visant à exploiter toujours plus les travailleurs avec l’appui du gouvernement. Ce n’est pas la solution. Elle est avant tout dans l’instauration d’un rapport de force favorable aux travailleurs, et au-delà dans la mise en place d’un système de répartition égalitaire des richesses. Pour cela, notre rôle est d’amener les travailleurs à prendre conscience de leur force : sans eux, les patrons ne sont rien.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

 


 

1 Libéral, comme Hollande ou Sarkozy, ou ultra-libéral comme Marine Le Pen…

2 Accroissement des profits au bénéfice de quelques-uns.

3 Notamment par une opposition institutionnelle systématique, ou encore par une campagne médiatique et la grève des camionneurs financées par la CIA.

4 Protégé plus tard par une autre libérale, la baronne Margaret Thatcher, l’un des modèles de Sarkozy…

5 Lénine, Lettre aux camarades, 17 (30) octobre 1917.

6 Durant la période de « l’Etat français » du maréchal Pétain, le Pinochet français.

7 Dont l’Assurance Vieillesse, la retraite, attaquée par Sarkozy puis Hollande.

8 Il alla même jusqu’à remplacer le général Carlos Prats, qui venait en juin de le sauver d’une première tentative de coup d’Etat, par… Pinochet.

9 La réforme des retraites par exemple.

10 Au nom d’une « dette » qui, rappelons-le, est une gigantesque arnaque.

11 Dont 2,7 millions d’enfants. Selon une enquête de l’Insee publiée ce vendredi 13 septembre, 14,3% des Français vivent avec moins de 977 euros par mois, soit le seuil de pauvreté, ce qui n’inclut pas, par exemple, ceux qui vivent avec 1000 euros par mois… La grande majorité des citoyens vivotent avec moins de 1500 euros par mois.

12 Ce qui amène un certain nombre de travailleurs et de syndicalistes à prôner l’alliance entre les syndicats.

13 Greg Oxley, « Réformisme et marxisme », La Riposte

14  Accord National Interprofessionnel.

15 Voir l’article de Marise Dantin et Bernard Giusti sur le communisme.

16 « Nous ne voulons pas de négociations », p.6

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 14:52

 

Pour celles et ceux qui, athées comme moi ou croyants, s'intéressent à la symbolique religieuse et à l'art roman.

 


 

.I. La symbolique

 

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.II. Photos perso prises dans l'abbatiale

 

 

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  .III. La crypte

 

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.IV. Le cadre

 

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Published by Bernard Giusti - dans Sur la route... bernardgiusti
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 20:11

 

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