Préface
Métamorphose est un recueil de la simplicité. Mais ce serait une erreur de croire que la poésie de Marie-Agnès Roch est une poésie cantonnée à l’immédiat, car à l’instar de Jean Follain, la simplicité de la poétesse a les accents de l’universel. L’instant y est toujours révélateur de la durée, et le temps qui passe laisse affleurer la dynamique des êtres.
Le titre lui-même met d’emblée l’accent sur cette dynamique existentielle : les femmes sont confrontées au vieillissement et à la mort, à l’accompli et aux regrets, à l’enfance qui subsiste comme un rêve éveillé, aux êtres aimés qui oscillent sans cesse entre la présence et l’absence sur les rythmes lancinants des battements du cœur. Et lorsqu’elles échappent aux transformations de l’amour et du temps, c’est que la mort les a figées, petites filles ou jeunes suicidées.
Transformations des saisons et transformations du cœur : tout se lie à travers le langage. Mais les paroles ne sont là que pour mieux travestir la réalité et elles ne véhiculent qu’incompréhension et dialogue impossible. Pour Marie-Agnès Roch, l’essentiel est dans le silence qui sépare les mots et réunit les êtres, dans ce silence transfiguré où la poésie prend sa source, dans le silence des rêves où s’orchestre la grande symphonie de la vie. Et c’est bien là le second sens que l’on accordera à ce recueil : l’être se métamorphose à travers la poésie, et c’est par cette transmutation de la poésie que l’être sans cesse en mouvement, sans cesse changeant, finit par trouver sa permanence.
Il suffit de lire les premiers vers de Métamorphose pour être entraîné par la musique et la beauté des mots, et pour entrer dans l’univers de Marie-Agnès Roch. Alors commence le voyage vers l’ailleurs : Il ne faut pas grand chose pour s’en aller ailleurs / Un peu d’herbe du pré / L’oreiller de mes songes / Et un morceau de toi…
Alors commence la découverte de ce monde fait d’ailleurs / Et de chemins de verre / Où les chats ont parfois / Le dos couvert d’étoiles…
Alors commence le voyage du poète dont les pas sur les trottoirs / Des villes endormies / Dessinent des légendes / Pour les passants de l’aube
Alors seulement le temps viendra à se suspendre, dans l’espace d’un recueil.
Bernard Giusti
Présentation
Métamorphose est un recueil de la simplicité. Mais ce serait une erreur de croire que la poésie de Marie-Agnès Roch est une poésie cantonnée à l'immédiat, car à l'instar de Jean Follain, la simplicité de la poétesse a les accents de l'universel. L'instant y est toujours révélateur de la durée, est le temps qui passe laisse affleurer la dynamique profonde des êtres.
Le titre lui-même met d'emblée l'accent sur cette dynamique existentielle : les femmes sont confrontées au vieillissement et à la mort, à l'inaccompli et aux regrets, à l'enfance qui subsiste comme un rêve éveillé, aux êtres aimés qui oscillent sans cesse entre la présence et l'absence sur les rythmes lancinants des battements du coeur. Et lorsqu'elles échappent aux transformations de l'amour et du temps, c'est que la mort les a figées, petites filles ou jeunes suicidées.
Transformations des saisons et transformations du coeur : tout se lie à travers le langage. Mais les paroles ne sont là que pour mieux travestir la réalité et elles ne véhiculent qu'incompréhension et dialogue impossible. Pour Marie-Agnès Roch, l'essentiel est dans le silence qui sépare les mots et réunit les êtres, dans ce silence transfiguré où la poésie prend sa source, dans le silence des rêves où s'orchestre la grande symphonie de la vie. Et c'est bien là le second sens que l'on accordera à ce recueil : l'être se métamorphose à travers la poésie, et c'est par cette transmutation de la poésie que l'être sans cesse en mouvement, sans cesse changeant, finit par trouver sa permanence.
Il suffit de lire les premiers vers de Métamorphose pour être entraîné par la musique et la beauté des mots, et pour entrer dans l'univers de Marie-Agnès Roch. Alors commence le voyage vers l'ailleurs :
Il ne faut pas grand chose pour s'en aller ailleurs
Un peu d'herbe du pré
L'oreiller de mes songes
Et un morceau de toi...
Alors commence la découverte de
ce monde fait d'ailleurs
Et de chemins de verre
Où les chats ont parfois
Le dos couvert d'étoiles...
Alors commence le voyage du poète dont
les pas sur les trottoirs
Des villes endormies
Dessinent des légendes
Pour les passants de l'aube.
Alors seulement le temps viendra à se suspendre, dans l'espace d'un recueil.
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