Ouvrage complet :
Articles littéraires (romans, nouvelles, poésies, essais, sciences humaines) ) politiques et syndicaux
Publié le 30 Janvier 2005 par Bernard Giusti dans Philosophie
Ouvrage complet :
Publié le 19 Décembre 2004 par Bernard Giusti dans Poésie, Critiques, bernardgiusti, Ma bibliothèque, Préfaces et présentations
Préface
Métamorphose est un recueil de la simplicité. Mais ce serait une erreur de croire que la poésie de Marie-Agnès Roch est une poésie cantonnée à l’immédiat, car à l’instar de Jean Follain, la simplicité de la poétesse a les accents de l’universel. L’instant y est toujours révélateur de la durée, et le temps qui passe laisse affleurer la dynamique des êtres.
Le titre lui-même met d’emblée l’accent sur cette dynamique existentielle : les femmes sont confrontées au vieillissement et à la mort, à l’accompli et aux regrets, à l’enfance qui subsiste comme un rêve éveillé, aux êtres aimés qui oscillent sans cesse entre la présence et l’absence sur les rythmes lancinants des battements du cœur. Et lorsqu’elles échappent aux transformations de l’amour et du temps, c’est que la mort les a figées, petites filles ou jeunes suicidées.
Transformations des saisons et transformations du cœur : tout se lie à travers le langage. Mais les paroles ne sont là que pour mieux travestir la réalité et elles ne véhiculent qu’incompréhension et dialogue impossible. Pour Marie-Agnès Roch, l’essentiel est dans le silence qui sépare les mots et réunit les êtres, dans ce silence transfiguré où la poésie prend sa source, dans le silence des rêves où s’orchestre la grande symphonie de la vie. Et c’est bien là le second sens que l’on accordera à ce recueil : l’être se métamorphose à travers la poésie, et c’est par cette transmutation de la poésie que l’être sans cesse en mouvement, sans cesse changeant, finit par trouver sa permanence.
Il suffit de lire les premiers vers de Métamorphose pour être entraîné par la musique et la beauté des mots, et pour entrer dans l’univers de Marie-Agnès Roch. Alors commence le voyage vers l’ailleurs : Il ne faut pas grand chose pour s’en aller ailleurs / Un peu d’herbe du pré / L’oreiller de mes songes / Et un morceau de toi…
Alors commence la découverte de ce monde fait d’ailleurs / Et de chemins de verre / Où les chats ont parfois / Le dos couvert d’étoiles…
Alors commence le voyage du poète dont les pas sur les trottoirs / Des villes endormies / Dessinent des légendes / Pour les passants de l’aube
Alors seulement le temps viendra à se suspendre, dans l’espace d’un recueil.
Bernard Giusti
Présentation
Métamorphose est un recueil de la simplicité. Mais ce serait une erreur de croire que la poésie de Marie-Agnès Roch est une poésie cantonnée à l'immédiat, car à l'instar de Jean Follain, la simplicité de la poétesse a les accents de l'universel. L'instant y est toujours révélateur de la durée, est le temps qui passe laisse affleurer la dynamique profonde des êtres.
Le titre lui-même met d'emblée l'accent sur cette dynamique existentielle : les femmes sont confrontées au vieillissement et à la mort, à l'inaccompli et aux regrets, à l'enfance qui subsiste comme un rêve éveillé, aux êtres aimés qui oscillent sans cesse entre la présence et l'absence sur les rythmes lancinants des battements du coeur. Et lorsqu'elles échappent aux transformations de l'amour et du temps, c'est que la mort les a figées, petites filles ou jeunes suicidées.
Transformations des saisons et transformations du coeur : tout se lie à travers le langage. Mais les paroles ne sont là que pour mieux travestir la réalité et elles ne véhiculent qu'incompréhension et dialogue impossible. Pour Marie-Agnès Roch, l'essentiel est dans le silence qui sépare les mots et réunit les êtres, dans ce silence transfiguré où la poésie prend sa source, dans le silence des rêves où s'orchestre la grande symphonie de la vie. Et c'est bien là le second sens que l'on accordera à ce recueil : l'être se métamorphose à travers la poésie, et c'est par cette transmutation de la poésie que l'être sans cesse en mouvement, sans cesse changeant, finit par trouver sa permanence.
Il suffit de lire les premiers vers de Métamorphose pour être entraîné par la musique et la beauté des mots, et pour entrer dans l'univers de Marie-Agnès Roch. Alors commence le voyage vers l'ailleurs :
Il ne faut pas grand chose pour s'en aller ailleurs
Un peu d'herbe du pré
L'oreiller de mes songes
Et un morceau de toi...
Alors commence la découverte de
ce monde fait d'ailleurs
Et de chemins de verre
Où les chats ont parfois
Le dos couvert d'étoiles...
Alors commence le voyage du poète dont
les pas sur les trottoirs
Des villes endormies
Dessinent des légendes
Pour les passants de l'aube.
Alors seulement le temps viendra à se suspendre, dans l'espace d'un recueil.
Publié le 19 Mai 2004 par Bernard Giusti dans Essais, bernardgiusti
Publié le 11 Mai 2004 par Bernard Giusti dans Conférences - débats et colloques - interventions
Publié le 2 Mai 2004 par Bernard Giusti dans Poésie
Bernard Giusti, Jean-Michel Platier, Thierry Renard
"Le chamanisme est sans doute l’une des plus anciennes formes institutionnalisées de la spiritualité. Sans doute a-t-il évolué par la suite vers des rituels religieux, mais il a conservé l’essence même de sa naissance : servir d’intermédiaire entre les hommes et les esprits de la nature. Trois poètes se sont réunis autour de cette fonction : dévoiler par la parole cet autre monde qu’est la poésie. Le poète est lui aussi un intermédiaire : il doit amener le lecteur à changer son regard sur le monde et à découvrir ce qui se cache derrière les apparences. Tout comme le chaman, le rôle du poète n’est pas de « guérir » au sens occidental du terme, mais de tendre à une harmonie intérieure, à un équilibre entre l’homme et la représentation qu’il se fait du monde. Bernard Giusti, Thierry Renard et Jean-Michel Platier ont entrepris cette aventure de suivre en commun et tour à tour le chemin de cette poésie. Leurs trois voix se sont mêlées pour n’en faire qu’une, pour que naisse cette parole tout entière vouée à leur idéal de découverte et de partage. Puisse le lecteur les accompagner dans cette voie…"
Publié le 11 Février 2004 par Bernard Giusti dans Textes divers - manifestes...
Après la mêlée, texte écrit en commun avec Jean-Michel Platier et Thierry Renard, in Citoyen Robespierre de Thierry Renard, Ed. Bérénice, Paris¸ février 2004
Publié le 30 Janvier 2004 par Bernard Giusti dans Anthropologie
Publié le 1 Novembre 2003 par Bernard Giusti dans Romans et littérature générale
de Bernard Giusti
illustré par des dessins d'Annie Maurer
“ Nous ne pensons pas dans l'instant. Quelle que soit la pensée, elle dépasse toujours les limites de l'instant. Et si ma vie est dans mes rêves, il faut prendre la formule pour ce qu'elle est : notre vie n'est pas dans nos rêves, mais ce sont nos rêves qui lui donnent un sens, et confèrent le statut de réalité à notre existence. La poésie, c'est la rencontre du rêve et du langage. Nous nous évertuons à vouloir changer le monde, mais nous le transformons à chaque instant, dans le regard que nous lui portons.
(...) Je voulais effectivement contraster la poésie et le récit, et non plus les mêler comme dans La danse des masques. L'une des clefs de ce contraste tient dans la phrase Tout le reste est imaginaire, ce tout le reste désignant bien sûr la réalité, en opposition avec la poésie, c'est-à-dire le rêve. La vie est absurde, mais la poésie a un sens. ”
Bernard Giusti, Extrait d'une lettre à une amie
Critique de Blandine Longre :
Le vide et le plein
Ouvrage qui ne peut être rangé dans aucune catégorie classiquement admise, voyage onirique comparable à aucun autre, La danse des masques est d’une densité brute : le lecteur, indéniablement sous le charme, assiste à une étrange confrontation initiatique, un face à face poétique entre un homme et un masque africain, tous deux se révélant par couches successives, se démultipliant à foison. Chacun d’eux (le bois lisse, énigmatique, la chair vivante) observe l’autre, le jauge et le pousse dans ses retranchements : « Parce que tu es devant moi comme une évidence, parce que tu me nargues et parce que tu m’es nécessaire » répond l’homme au masque, qui ne sait pourquoi l’homme s’adresse à lui.
C’est d’abord une quête identitaire qui pourrait se révéler banale et à laquelle le lecteur est invité à prendre part : peut-on réellement se connaître ? Est-on à jamais condamné à s’ignorer soi-même ? « La différence entre les apparences, ami, c’est que le masque de chair est à l’origine de tous les masques. La différence entre les masques, c’est qu’il en est un qui nous sera à jamais invisible : notre propre visage. » C’est de ce terrifiant constat que semble partir le narrateur, conscient de son incapacité à capturer son sens et son essence ; car le masque de chair que nous portons tous possède la même fonction que son frère de bois : il dissimule aux autres et à son propre regard ce que l’âme recèle ; l’homme est ainsi face au masque comme face à un miroir trompeur qui suggère plus qu’il ne renseigne : « Tous, nous communiquons par les fentes étroites de nos yeux béants et fixes. Nos masques ne sont que façades, masques de Dionysos troués de vides. Nous figurons. Nous faisons face. Face à tous sauf à nous-mêmes, car nos miroirs ne réfléchissent que le néant des figurines. » nous dit le masque.
Entre l’homme et son double de bois une multitude de regards, de pensées, de mots et de réminiscences sont échangés et le temps semble comme suspendu, donnant lieu à un dialogue entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort, entre le vide et le plein, une conversation qui, le temps d’une nuit, pourrait se vivre comme une parenthèse atemporelle, un instant qui durerait et s’épanouirait, paradoxalement, le temps d’un livre. Ainsi, la réflexion sur l’être se double inéluctablement d’une réflexion sur la représentation du temps comme une idée uniquement intime et individuelle : « L’événement n’est qu’un accident sur le droit fil de la durée, et la durée elle-même une architecture de l’esprit, une manière propre à chacun d’enchaîner les instants. » nous dit l’homme, et le masque de renchérir, un peu plus loin : «L’instant est la rencontre du temps et de l’espace dans l’éclat renouvelé d’une conscience sans cesse en mouvement. » Etait-ce là le secret que semblait vouloir percer le narrateur ?
Les qualités métaphysiques de la réflexion ne font aucun doute, non plus que les tentatives allégoriques qui ne cessent de se déployer ici : le carnaval de la vie est vécu comme une illusion par l’homme qui a compris qu’il faut creuser davantage et aller au-delà de la mascarade des masques ; c’est ainsi que la traditionnelle métaphore shakespearienne de la vie comme scène de théâtre et/ou carnaval, bref, une illusion, est ici réemployée à dessein, l’existence n’étant qu’un grand charivari dont la seule fonction serait de dissimuler le néant des âmes, ou leur trop-plein...
Ce dialogue est ainsi une façon d’interroger le tout et son contraire, indissociables, d’estomper les frontières qui séparent le réel de l’irréel, de revenir sur la « comédie » de l’enfance et de la vie tout court, et le masque de bois, qui dévoile peu à peu ses multiples visages, est aussi là pour guider l’homme vers une renaissance, au « cœur de la réalité » : « Je suis un simulacre, je suis fait pour tromper, et je dissimule pour mieux révéler. » déclare-t-il avant que ne démarre le rituel ; puis les masques se font connaître, un à un : celui de la tragédie, le premier de tous, puis Inua « le masque double », le « double humain de l’animal que tu portais en toi », à la fois chien, cheval et poisson, mais qui est aussi Tunghat le maléfique ; puis viennent Swaihé, le masque trouble qui « change les signes en leur contraire » et le Masque des masque, «masque du vivant, ma seconde face s’ouvre sur la mort et le néant».
Mais c’est aussi la poésie qui se dégage de l’ensemble que retiendra le lecteur, une prose qui, par instants, se mue irrésistiblement en vers libres ; c’est encore l’évocation de l’Afrique (maintenant déchue) et de ses rites, de ses légendes et de ses couleurs, et aux souvenirs du masque vient se mêler un conte inuit d’une grande sagesse, qui tente de définir la notion d’humanité. Ce périple éclatant est suivi d’une série de textes, regroupés sous un seul titre, Afrique : des poèmes disparates et quelques textes émouvants, pour la plupart autobiographiques, des visions protéiformes du continent africain (« un idéal de couleurs, d’odeurs et de mystères… »), de terribles souvenirs d’une enfance qui n’en fut pas une («Enfant, je rêvais d’être un enfant… »), et la poésie, agissant comme un baume salvateur et vengeur (« La poésie est naissance. »).
De la même façon qu’il donne vie à nos masques, Bernard Giusti parvient à mettre en mots l’indicible, et au détour d’une phrase, au coin d’un paragraphe, le poète recrée des sensations que l’on a pu connaître, des intuitions jamais énoncées que l’on se surprend à comprendre enfin : là tient peut-être la magie de sa poésie – et de la poésie en général - , la capacité à formuler l’informulable.
Blandine Longre
(octobre 2003)
http://www.sitartmag.com/bernardgiusti.htm
BON DE COMMANDE à adresser à l'auteur, 28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris, avec votre chèque
LA DANSE DES MASQUES suivi de AFRIQUE
Nombre d’exemplaires : …………. Prix unitaire 12 euros Total : Nbre ex…… x 12 = ….. euros
LES SOURDS (nouvelles)
Nombre d’exemplaires : …………. Prix unitaire 12 euros Total : Nbre ex…… x 12 = ….. euros
LA DANSE DES MASQUES + LES SOURDS (20 euros les deux) :
Nombre de “ packs ” : ……… Total : ………
TOTAL GENERAL :……..
Vos coordonnées : NOM, PRENOM
Adresse postale :
Publié le 1 Septembre 2003 par Bernard Giusti dans Poésie, bernardgiusti, Ma bibliothèque
Publié le 1 Février 2003 par Bernard Giusti dans Ma bibliothèque, Préfaces et présentations, bernardgiusti, Romans et littérature générale
"Il suffit d'une route, d'un ciel pulmonaire, d'une fille au sourire énigmatique surgie de nulle part, pour se retrouver malgré soi à entendre ses cris et ses peurs, ses larmes, mutilés par des années de mensonge.
Kezrvenev était un cadre supérieur qui ne doutait jamais. Jusqu'à ce matin de bocage..."
Quête de ses racines, quête de ses vérités, quête de son identité : une étrange rencontre à la limite des rêves et des légendes suffira pour que l'existence de Kezrvenev bascule et que se modifie sa destinée. Un roman étrange, étonnant, où l'on traverse les lieux et les époques, porté par une écriture aussi dense et fluide que les brumes de Brocéliande.
B. Giusti