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  le blog de Bernard Giusti

Articles littéraires (romans, nouvelles, poésies, essais, sciences humaines) ) politiques et syndicaux

"Sur les murs" - Bernard Giusti

Publié le 8 Mai 2025 par Bernard Giusti dans bernardgiusti, Poésie, Photos, Peinture et dessins

"Sur les murs" - Bernard Giusti

SUR LES MURS

recueil dédié à ma compagne Pascale Cherrier
 

publié par les Éditions de L'Homme Bleu

entièrement couleur

52 pages, 15 euros (10 euros + FP),

format A4 à l'italienne

couverture de Roxane Maurer

avec en intérieur les œuvres de 15 artistes

"Sur les murs" - Bernard Giusti

ARTICLES :

"D'une justesse absolue" par Valère Staraselski

"Un texte rare et beau" par Francis Vladimir

"Une incandescente beauté" par Danièle Gasiglia-Laster

"Par-delà la souffrance et le silence" par Alain Toulmond

"Douceur, mélancolie et révolte" par Brigitte Guilhot

"Une présence lumineuse" par Marguerite Jargeaix

"Un immense chant d'amour" par Sarah Mostrel

"J'ai lu SUR LES MURS" par Janine Delorme

"Comme on écrit contre les murs" par Michel Diaz

 

COMMENTAIRES :

Un formidable et excellent huis-clos. « Sur le fond : tes poèmes comme d'habitude très beaux... le texte laisse le sentiment de désespoir, de solitude et de révolte... rien ni personne n'y pourra rien... tu préviens au début que c'est écrit dans ce huis-clos de solitude et d'absence... c'est vrai le texte est par-lui même un huis-clos... la lectrice que je suis reste à distance de ce qui s'est passé, elle est derrière la porte, elle peut s'identifier aux soignants ou aux croque-morts, à ceux qui ont poussé la porte mais sont restés malgré tout derrière au dehors... au dehors du huis-clos...  les mots passent entre les barreaux certes mais l'essentiel reste derrière... l'intimité... ce qui explique qu'ils s'envolent avec le vent, effleurent la lectrice au passage, la touchent mais elle n'ose pas les retenir, ils appartiennent au dedans...  elle les laissera s'envoler... c'est donc un formidable et excellent huis-clos. Sur les murs ? ou derrière les murs ... »   Marie-Agnès Roch

« Que ton hommage à ta Pascale est MAGNIFIQUE. Vous vous étiez trouvés c'est beau. »   Sophie Lepetit

"Un grand merci, j'ai bien reçu l’hommage à ta compagne, c'est un superbe travail ! Elle doit être fière !" François Lebert

« Un livre d’artiste pour celle que l’on n’oublie pas. La belle poésie réussit à chanter sous la douleur. Bernard Giusti lutte dans le vide et le silence de son grand amour. » Camille Aubaude

« Un récit très dépouillé et puissant. A partir d’un drame personnel, Bernard Giusti résume le problème universel de la perte d’un être cher. » Jean-Marie Monod

"Tout être aimerait recevoir un message plein d'amour comme celui que tu lui a écrit, merci pour elle, merci pour nous." Catherine Soulas

"Merci encore pour ce beau recueil et les textes qui sont magnifiques. Tes textes sont très émouvants, c'est un bel hommage à Pascale, je comprends aussi que ce n'est pas facile de reprendre une vie sans la personne aimée, il faut du temps et beaucoup de courage. Le texte que tu as écris est un cri d'amour et aussi un appel aux jours nouveau. Comme tu le dis résistons, résistons aux moments les plus durs, résistons  !" Stéphanie Sillard

"Reçu, ce jour, ton très beau et émouvant livre en hommage à ta compagne disparue. Merci de m'avoir demandé d'y participer. " Monique Marta

"Merci Bernard Giusti pour tes mots si beaux (j'ai mis plusieurs jours à lire ton livre tant l'émotion est forte en le lisant). Merci aussi de m'avoir invitée à y faire figurer une de mes broderies." Isabelle Pulby

"Un très beau livre que j'ai lu avec émotion." Piet Lincken

"J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et d’émotion. Il est vrai que mon petit tableau a perdu de ses couleurs, mais quelle importance à côté de tes mots sublimes pour Pascale. Je ressens ta tristesse et ton désarroi. Je suis très fière de faire partie de ce recueil. Merci de me l’avoir demandé" Ann Calvert

"J'ai commencé à lire et j'ai pleuré; [...] Quelle belle prose et poésie mêlées [...]"  Sylvie Delabesse

"Sur les murs" - Bernard Giusti
"Sur les murs" - Bernard Giusti

Commandes :

 

Envoyez un chèque à l'association L’Ours Blanc (28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris)

 

Chèques libellés à l'ordre de "L'Ours Blanc"

"Sur les murs" - Bernard Giusti
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Bienvenue sur mon blog !

Publié le 5 Février 2023 par Bernard Giusti dans bernardgiusti

 

Bien que ce blog ait été créé il y a déjà plusieurs années, je n'ai jamais eu beaucoup de temps pour le garder à jour.

Je m'y suis attelé, et je l'étoffe petit à petit, à la fois avec des publications anciennes et avec de nouvelles publications dues notamment à des rencontres heureuses au fil des jours.

Le Blog va donc se développer peu à peu.

Merci de votre visite, et surtout, n'hésitez pas : abonnez-vous !

Bernard Giusti

 

Présentation :

http://bernardgiusti.over-blog.com/preview/3fb19c5491417151a2d8b93752d889ea5b226d3f

 

Sur Facebook retrouvez aussi la page "Les vidéos de Bernard Giusti"

https://www.facebook.com/Vid%C3%A9os-de-Bernard-Giusti-118187026724780/?ref=page_internal

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"Les contes fantastiques de l'oncle Pierre", de Pierre Miege

Publié le 11 Mars 2026 par Bernard Giusti dans Nouvelles, Critiques, Ma bibliothèque

"Les contes fantastiques de l'oncle Pierre", de Pierre Miege

Qu’on ne s’y trompe pas : si ce nouveau recueil de Pierre Meige est bien situé dans le champ littéraire du fantastique, confirmant ainsi l’écrivain comme un des spécialistes du genre, son objet s’inscrit en plein dans notre réalité humaine et sociale.

En effet Pierre Meige traite ici de grands sujets de société et ses nouvelles s’articulent autour d’oppositions qui nous sont très familières : modernité et traditions, normes sociales et déviances, aveuglement religieux et tolérance…

L’imaginaire de l’auteur,  peuplé d’elfes, de vampires, de fantômes, de fées, de zombies et autres démons, est ancré dans les dimensions les plus sombres de notre humanité et ses nouvelles portent sur des sujets tels que la pédophilie, l’injustice, ou encore sur les mécanismes impitoyables qui sans cesse tentent de broyer l’amour entre les êtres. Pierre Meige nous plonge ainsi dans les univers successifs de personnages très différents, souvent victimes, parfois bourreaux.

Si certaines nouvelles ne sont pas à proprement parler fantastiques (« Le diable s’habille en queer » par exemple), toutes néanmoins poursuivent le même but : dénoncer la violence et les cruautés de notre société toujours prompte à briser les rêveurs et les plus faibles.

Dès lors, l’intervention des entités surnaturelles apparait comme l’expression d’une justice immanente destinée à réparer les injustices et à rétablir un équilibre moral, de sorte que souvent fantômes et démons se transforment en justiciers.

Aussi les nouvelles de ce recueil, écrites dans un style alerte et sur fond d’humour décalé, ont-elles un côté jubilatoire :  « S’il fouette mes chats, y’a un fantôme qui viendra le persécuter » écrivait Georges Brassens…

Un recueil fraternel et généreux qui s’adresse directement à notre humanité.

 

Bernard Gusti

 

Les contes fantastiques de l'oncle Pierre, Pierre Meige, éd. Melmac, 2025, 172 pp., 15 euros

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Haïkus en vpyage

Publié le 28 Janvier 2026 par Bernard Giusti dans Poésie, Ma bibliothèque

Haïkus en vpyage

J’avoue que je me tenais assez éloigné des haïkus, découragé par une mode qui a sévi en France : tous les aspirants poètes s’étaient mis à écrire des haïkus, et dans la grande majorité le résultat n’était guère probant, voire souvent navrant…

J’ai découvert dans cet ouvrage les grands maîtres de la poésie classique japonaise, les haïkus étant illustrés par de magnifiques estampes. Une poésie exprimée en quelques mots simples respirant beauté et sérénité.

Ce recueil est centré sur le thème du voyage, et au fil des pages c’est effectivement à un véritable voyage que l’on est convié, un voyage dans le temps, l’évanescence et la beauté fragile des instants.

Il est très difficile de réussir à rendre toute la fugacité d’une expérience individuelle dans cette forme poétique si minimaliste. La simplicité est un art difficile, il y faut de la maîtrise et du talent et de ce point de vue les maîtres japonais y excellent.

 

Bernard Giusti

 

Bashô, Buson, Sujita Hisajo, Chiyo-Ni, Shiki, Hôsai, Ishû, Santôka, Nakamura Kusatao, Tama,  Issa, Uda Kiyoko, Mayusumi Madoka, Kitô, Taigi, Hayashi Shô, Tomiyasu Fûsei, Takako, Sôseki, Misuara Haruo, Niwa Keiko

 

Haïkus – En voyage, collectif, Seuil, 2022, 128 pp, couleur

 

« Ce nouveau volume des "Classiques en images" propose de renouer avec la tradition du poème court japonais à travers une sélection de 60 haïkus exclusivement consacrés au voyage.

Ce recueil célèbre avec justesse et simplicité le voyage comme une traversée, un égarement, un refuge, voire une contemplation, un pèlerinage ou la redécouverte de la nature :

"Le vent me transperce/résigné à y laisser mes os/je pars en voyage"

 

                                                              

Haïkus en vpyage
Haïkus en vpyage
Haïkus en vpyage
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"Haro sur les Jacobins" de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien

Publié le 26 Janvier 2026 par Bernard Giusti dans Critiques, Histoire, bernardgiusti, Ma bibliothèque, sciences humaines

"Haro sur les Jacobins" de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien

Par Bernard Giusti

Les Jacobins : une référence politique classique, citée comme repoussoir pour les uns, comme exemple d’un engagement révolutionnaire inébranlable pour les autres. Mais qu’en a-t-il été exactement ? Deux historiens universitaires entreprennent de « dépoussiérer » ce « mythe politique français » et se livrent à l’examen méthodique d’une réalité historique souvent méconnue. On va donc suivre pas à pas l’évolution des cercles de discussions d’origine, des salons et sociétés philanthropiques de l’Ancien Régime réservés aux élites (aristocratie et bourgeoisie) jusqu’aux cercles qui vont se multiplier à la fin du 18e siècle, prenant ensuite le nom de clubs qui finiront par s‘ouvrir aux classes populaires. Au fil de cette étude rigoureuse, certains aspects, et non des moindres, de la légende jacobine sont largement démentis par les faits.

A commencer par le fameux centralisme jacobin. Contrairement aux assertions de la réaction bourgeoise ou royaliste, le club n’a jamais été un « centre de commandement parisien » dictant ses ordres dans tout le pays, même au plus fort de son influence en l’An II (1793-1794). En réalité les Jacobins avaient initié un réseau de sociétés patriotiques, un « réseau de sociabilité politique inégalé, jamais vu dans l’histoire. », dans lequel chaque club rattaché aux Jacobins gardait son autonomie de décision et d’action. A cette époque, les anciens sujets devenus des citoyens politiquement conscients se perçoivent comme des acteurs historiques à part entière et les clubs sont les lieux privilégiés d’action, de réflexion et de promotion politiques. Pas de centralisme décisionnel donc, ni de dictature parisienne. Le réseau jacobin est un réseau démocratique où s’expriment et s’opposent différentes tendances (pour peu qu’elles soient favorables à la République) et dans lequel, chose importante, les clubs répartis dans toute la France et même à l’étranger échangent des informations et des idées, relayées par le journal diffusé par les Jacobins.

Au cours de son évolution – du club Breton au club des Jacobins – le club a par ailleurs su s’adapter aux évènements politiques impulsés par la pression populaire et rester au plus près des aspirations du peuple.

Ce que les ennemis des Jacobins ont qualifié de jacobinisme est une pure fiction car il n’y a jamais eu de programme politique établi. Pas de volonté centralisatrice ni de programme précis, mais le club des Jacobins a une formidable « force d’entraînement, une capacité à faire converger les énergies patriotes et à les renforcer » et, on l’a vu, à les organiser en réseau. Les Jacobins sont donc essentiellement une structure coordonnée d’action politique très efficace mise à la disposition des patriotes. C’est leur force et la clef de leur succès.

Mais c’est aussi leur faiblesse car les clubs, bien que réunis autour de la Convention dans la défense de la République « une et indivisible » sont aussi bien sûr les lieux d’affrontements politiques et sont majoritairement aux mains de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, qui les utilisent ou les créent, souvent dans des buts de promotion politique locale. L’une des raisons de la prédominance bourgeoise dans les clubs est le montant des adhésions qui de fait exclut une grande partie de la population. En 1792, face à la gravité des évènements et aux menaces contre la République, les cotisations sont baissées afin d’élargir le recrutement et permettre que des citoyens plus modestes puissent participer pleinement à la mobilisation politique.

1792, c’est aussi le moment de la rupture entre les Jacobins et les Girondins qui s’effraient de la radicalité des sans-culottes parisiens, alors que les Jacobins, eux, prônent l’alliance avec les sans-culottes pour défendre la République en danger. Il faut combattre les ennemis de l’extérieur et de l’intérieur. On a donc mis en place les Comités de Salut Public.

Cependant, les Jacobins restent fidèles à leurs principes de démocratie, ce qui va permettre à la bourgeoisie, qui voit ses intérêts menacés par l’irruption du prolétariat dans le réseau jacobin, de passer à une offensive qui aboutira à la fermeture du club des Jacobins par la Convention, et bien sûr à l’exécution des grandes figures jacobines. Fondamentalement démocratique, la structure jacobine aura permis aux courants bourgeois de s’en emparer et finalement de la liquider sans pratiquement de résistance de la part des Jacobins.

Par la suite, les Jacobins vont rester dans la mémoire collective, inspirant çà et là des courants révolutionnaires (1848, 1871), et comme une référence de la gauche républicaine brouillée par le mythe et entachée par la propagande réactionnaire.

 

Pour le lecteur que je suis, qui ne saurait résumer ici en quelques lignes toute la richesse des apports historiques de cet ouvrage, une question majeure s’impose : comment une telle structure révolutionnaire, aussi puissante à son apogée, a-t-elle pu se laisser éradiquer aussi facilement ?

La Révolution s’est appuyée sur des principes généraux à vocation universelle issus des Lumières, d’où naîtra la devise de la République, Liberté, Egalité, Fraternité. Cependant, leur application devait se faire dans le contexte d’un Etat républicain à construire et d’une société à reconstruire. Les Jacobins n’ont pas su de fait élaborer un programme politique autour duquel l’action révolutionnaire aurait pu s’organiser et se développer dans la cohérence d’un but à atteindre, et se sont reposés sur une conception qu’on qualifierait aujourd’hui idéaliste de la démocratie. S’ils ont su refuser l’adhésion à certains clubs, ils n’ont pas su faire la distinction entre le principe de démocratie générale et celui de démocratie interne. Or, une structure politique qui applique le principe de « démocratie interne » doit savoir se protéger de de ses adversaires voire de ses ennemis de l’intérieur en les neutralisant. C’est une question de bons sens et de survie. Mais les Jacobins n’étaient pas un parti. Sans un corpus idéologique de classe solide sur lequel s’appuyer, sans programme politique précis, ils n’ont eu aucune chance face à l’offensive menée par la bourgeoisie soucieuse de préserver ses intérêts.

Des « erreurs de jeunesse » que Marx d’abord, puis Lénine, sauront analyser et corriger en leur temps.

 

Bernard Giusti

 

Haro sur les Jacobins, Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien. PUF. 19 euros

article paru sur :

Liberté Actus

Vendémiaire

 

 

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Ma contribution au Congrès du PCF : Changer l’analyse du conflit ukrainien

Publié le 26 Janvier 2026 par Bernard Giusti dans Articles politiques et syndicaux

Ma contribution au Congrès du PCF : Changer l’analyse du conflit ukrainien

Changer l’analyse du conflit ukrainien

 

Concernant l’Ukraine, le Secteur International du PCF a résolument adopté une position atlantiste en minimisant largement le fait que, bien avant l’invasion russe, ce pays a été le bras armé de l’OTAN, a multiplié les provocations et massacré sa population russophone. Le régime de Kiev est un régime fasciste qui interdit, emprisonne, torture et assassine nos camarades communistes et il doit sans cesse être dénoncé comme tel, et non présenté comme une victime.

A contrario, toujours dans son optique atlantiste,  le Secteur International ignore ou ostracise le Parti Communiste russe (KRPF) qui est pourtant en Russie la principale force d’opposition à Vladimir Poutine.

Le PCF doit clairement cesser de soutenir Kiev car c’est une trahison de nos valeurs communistes et une insulte à tous nos camarades morts en combattant le fascisme.

Il doit soutenir sans réserve nos camarades russes qui s’opposent quotidiennement à Poutine.

Le courant atlantiste doit donc être résolument écarté de la Direction du Secteur International du PCF.

Notre parti ne saurait prétendre œuvrer pour la paix et pour la cause du prolétariat en s’appuyant sur une présentation erronée de la réalité historique calquée sur la propagande de la bourgeoisie occidentale.

 

Bernard Giusti, PCF 77, Section de Meaux

 

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« Comme on écrit contre un mur » un article de Michel Diaz

Publié le 1 Octobre 2025 par Bernard Giusti dans Poésie, bernardgiusti

« Comme on écrit contre un mur » un article de Michel Diaz

Sur les murs : c’est par ces trois mots, qui lui servent de titre, que nous entrons dans le livre de Bernard Giusti, livre qui mêle à sa prose de courts poèmes qu’accompagnent, en juste résonance, les œuvres de quinze artistes. Bien que ce soit sur le papier que l’auteur nous donne à lire ce chant d’amour et de détresse, on ne peut s’empêcher de penser que c’est bien plutôt sur un mur, sur les murs, qu’il aurait préféré l’écrire, comme on laisse, en les inscrivant sur la pierre, une trace de son passage, ces glyphes et ces graphes destinés à défier le temps, un signe symbolique, un nom, des noms, une date, les lignes d’un visage, dans lesquels on doit reconnaître la manière la plus ancienne et la plus directe de s’exprimer. On ne peut non plus s’empêcher de penser à ce vers d’Alain Borne, C’est contre la mort que j’écris comme on écrit contre un mur. Et dans ce livre hommage à la femme trop tôt disparue, Bernard Giusti avance, sonné encore par le coup brutal du destin, les yeux ouverts sur son inacceptable assaut, mais aveugle parmi les aveugles, nous dit ce qu’il éprouve au plus profond (Je tiens ma vie en équilibre. A chaque pas que je décide), et ce qu’il voit – ce dont l’ombre défaille, ce que cachent les murs, sa main posée sur les serrures – , fait éclater la rouille des phrases attendues, traduisant par l’écrit l’angoisse de celui qui tente encore de survivre, tant bien que mal, faute de ne pouvoir exorciser la mort : Plus forte que toutes les vérités / Plus vraie que tous les textes sacrés / Il y a la mort qui rêve et danse // Et l’amour étranglé dans les bras du silence. Et il écrit, plus loin : Tout ce qui est sûr s’évanouit… // Les mots ne diront jamais / La chair et le sang / Qui les tiennent debout // Et ma bouche n’est plus / Que le déversoir impuissant / D’une infinie détresse.

Détresse, solitude et débâcle de l’âme, colère et révolte peut-être, mais plongée dans le noir absolu du chagrin, comment traduire ce qui relève du bouleversement le plus intime ? Comment se rendre proche du non-dit, de l’informulable, de l’incompréhensible, de l’intransmissible, se demande-t-on en lisant ces pages, alors même que c’est cet inexprimable-là qui nous touche car ce n’est pas seulement dans les mots mais bien tout entre les mots, comme ces fumées, étoile noire s’élevant au-dessus de l’amoncellement de la tristesse. Tout dans ce livre résonne comme dans les fonds de l’être, dans ses plis de viscères et de chair où la moindre image d’un souvenir, le moindre écho d’une voix disparue et désormais rêvée trouve à multiplier ses ondes sous le ciel desquelles passent les douloureux nuages du visage aimé.

Pour « sanglant » que soit toujours « le dernier acte » selon les mots de Blaise Pascal, le peu de terre sur la tête, la crémation et ses cendres loin de fermer la question sur elle-même, l’ouvre au contraire. En fait une béance infranchissable. Et quoi faire de la douleur ? Avec la douleur ? En faire l’aiguille qui va coudre les mots, un manteau non pour recouvrir, pour suturer le trou ouvert par la mort mais pour entourer comme on le fait quand il fait froid et que l’on pose un manteau sur les épaules de ceux que l’on aime ? C’est avec cette tendresse que Bernard Giusti s’essaie à déplacer la douleur de la perte vers ce point d’équilibre entre ce qui a toujours été de l’ordre de l’inévitable et celui qui relève à tout jamais de l’inconcevable, contre lequel toute révolte est vaine : …le monde a basculé dans l’ombre / Scène d’un théâtre sans issue / Qui désormais se jouera / Entre la nuit et l’absence.

« La mort déclare chaque fois la fin du monde en totalité » a écrit Jacques Derrida. Comment ceux qui sont mort, les morts aimés, participent-ils à l’approche, au travers du langage et contre ses lois de langage, que tente ici Bernard Giusti ? Qu’en est-il de cet adieu à la femme aimée quand Longue est la nuit / Où se noie ton regard, quand Dure est la lumière / Jetée sur ton visage ?

On le sait, parler, écrire est souvent peu de choses, c’est toujours très tôt, ou trop tard, que l’on ressent l’insuffisance du langage, son « infirmité native », disait Jean-Baptiste Pontalis. Mais se taire serait éteindre le chant du monde, faire mourir définitivement l’être cher, effacer l’écho de sa voix. Se taire serait ne pas prendre soin du trou creusé par la mort pour le garder vivant, chose parmi les choses du monde. Ceux qui sont morts sont passés de l’autre côté, non dans un ailleurs, mais bien ici, de l’autre côté d’ici, dans le monde du dehors, et séparés de nous par l’infranchissable cloison de l’absence. Et la mort n’est rien d’autre que cette inconsolable absence que l’on peut essayer de tromper, sans illusion aucune, en agitant dans sa mémoire quelques hardes de vie : cette mort, dont il est question dans ce livre, nous invite à ouvrir une nuit dans la nuit, une parole dans la parole, pour en parler aux papillons qu’aimait tant l’aimée disparue, aux trois genêts offerts aux terres indomptées, aux trois sauges vouées à la purification des regards et l’apaisement des pensées, parce que c’est de ce côté-là, dans ce jardin, aujourd’hui abandonné et retourné à la friche originelle, que sont passés ceux qui sont morts.

Ainsi Sur les murs est-il un chant de deuil, mais bientôt un presque murmure, la ligne brisée d’un horizon. Aux cris de la douleur, de l’impuissance, ou à la minute de silence, Bernard Giusti préfère la voix de l’amour toujours ranimé, versée dans celle du poème : un chant qui relierait le sommeil et le silence des choses, et qui porterait la mort avec cet amour qui ne retient pas celle qui est partie mais l’accompagne avec cette délicatesse qui voit nos heures se repaître autant de l’essaim de (nos) larmes que du vol de l’oiseau / Qui fuit le ciel désert.

Et c’est là le travail du poète : écarter et mettre à distance le silence, déplacer la mort. Aussi peut-il écrire : Un jour peut-être je pourrai enfin dire « tu m’aimais, je t’aimais ». Ce jour-là, je ne t’aurai pas oubliée, mais je me serai réconcilié avec la chair des vivants.

On peut lire, dès la première page de ce livre : Partout des êtres broyés / Dans des mains gantées de fer : / Ils ne voient pas dans l’ombre / L’œil mécanique qui les surveille. Et plus loin : Le bruit des hommes / A serti le silence / Et plus personne n’entend / La musique des étoiles. Ou encore : Quelque chose en nous / S’écoule sans cesse / Vers d’invisibles profondeurs, ou Y a-t-il encore autre chose / Que le bruit et la fureur ?... Les courts poèmes de ce livre, indépendamment à coup sûr de la volonté et des intentions de l’auteur, usent d’une lyrique qui peut faire penser (mais cela n’engage que moi) à celle des psaumes bibliques, qui revêtent une allure de complainte individuelle représentant de manière tangible les sentiments de l’homme : la joie ou la tristesse, le renforcement ou la faiblesse, parfois le désespoir ou l’espérance du salut. Ainsi, pouvons-nous lire : « Jusques à quand, ô Éternel, m’oublieras-tu toujours ? Jusques à quand cacheras-tu ta face de moi ? » (Ps de David, 13). Ou encore : « J’ai vu tous les travaux qui se font sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite de vent. Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut plus être compté. » (L’Ecclésiaste, 1) Les mots de Bernard Giusti, tirés du fond de sa détresse, lancés certes vers un ciel vide, un improbable Esprit, aveugle, sourd, muet, n’en sont pas moins les mots désemparés d’un homme aux prises avec cet Inconnu dont semblent dépendre nos vies, ce quelque chose des mystères du monde auxquels nous n’avons pas accès : Ainsi vont les choses, écrit-il / En ce monde si obscur / Que les anges eux-mêmes / Semblent démons de noirceur. La poésie de Bernard Giusti, bien que solidement attachée en bannière aux poteaux d’angle de l’existence, concrète et matérielle, nous élève tout de même à du spirituel, mais depuis le cœur même du monde et des choses. Car c’est à partir du physique que se dégage le spirituel. C’est au sein du fini que s’ouvre l’infini. Voir le monde se dépasser au sein même du  monde, s’évaser en buées musicales, vapeurs tièdes sur les pensées, ombres sur un visage qui vont se dissipant. Passage d’un sourire dans le vent froid / Qui caresse les hautes herbes. Quelque chose chemine sans bruit, va discrètement son chemin dans les grands frissons / Des arbres de l’hiver.

Il y a cependant, dans la personne de Bernard Giusti, ceux qui le connaissent le savent, constamment réaffirmée, une volonté de vivre au plus près des réalités du monde sensible et social et des forces qui le traversent – ce qui justifie son engagement militant au sein des luttes pour atteindre son idéal d’un meilleur avenir humain, parmi les discordes enflammées des hommes, pour plus de justice et de paix dans un monde où tout est sans dessus dessous, monde livré à l’argent-roi qui fait tomber sur les jours un hiver toujours plus féroce. Aussi ne sommes-nous pas étonnés que son livre s’achève, ou presque, sur l’évocation de ces incessants combats auxquels la femme aimée s’est jointe et dans lesquels elle l’a accompagné : et cela fait partie de l’hommage qui lui est rendu, le plus beau que Bernard Giusti pouvait rendre à sa camarade de route, à son individualité qui participait, dans ses intimes convictions, à envisager des temps fraternels et un horizon plus heureux de l’humanité. Ensemble, écrit-il, nous avons mené et aimé ces luttes, ensemble nous avons été parfois victorieux, et souvent déçus même dans la victoire. Qu’importe puisque nous avons toujours su qu’il n’y a d’avenir que dans la lutte, que si notre vie est une lutte perdue d’avance, nous devions avancer vers l’horizon lointain, inatteignable par définition, car nous savions que lorsqu’on s’arrête, on campe sur le néant… Oui, Pascale et Bernard savaient que lutter pour un monde plus juste serait peut-être vain, mais que l’un des sens de leur vie, ce serait, contre ce monde-là, mener une guerre sans merci pour soulever les paupières douloureuses du siècle.

Et Bernard Giusti écrit encore, en toute fin d’ouvrage : Il y aura d’autres mois de mai, d’autres printemps ravissants et d’autres étés torrides. Il y aura la valse des saisons : je la danserai seul et je m’étourdirai de ton absence. En écrivant ces derniers mots, Bernard Giusti sait ne pas ajouter de la mort à la mort. Il sait, peut-être l’a-t-il déjà appris, porter la mort de celle qui a emmené avec elle le plancher, le plafond et les murs d’une bienheureuse maison, en a déserté le jardin, lieu où tous deux ont appris à voir pousser les fleurs, à y semer leurs rires, à écouter les arbres, et assis tous les deux côte à côte sur les marches du perron, à regarder tomber la nuit, dans la moiteur des soirs d’été ou dans les bourrasques de l’hiver. Et cela suppose une autre façon de regarder la vie, et son obscur envers, apprendre l’absence et le rien qui naissent à l’intérieur de chaque chose, désolidariser la désormais absente du brouillard et de l’ombre, la confier au nuage qui se défait pour être nuage et mémoire de nuage, au souffle du vent aux sentiers pierreux, aux chemins dans les herbes, pour poser un visage sur le velours des cieux.

On referme le livre. On écoute. Le monde est toujours là, où on entend un chant d’amour. Par-delà le silence.

 

Michel Diaz, 30/09/2025

 

Sur les murs, Bernard Giusti, Editions de L’Homme bleu (2025)

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"Les chamanes" de Piers Vitebsky

Publié le 29 Août 2025 par Bernard Giusti dans Anthropologie, Critiques, Ma bibliothèque

"Les chamanes" de Piers Vitebsky

Les chamanes

Le grand voyage de l'âme - Forces magiques - Extase et guérison

 

Dès les premières pages l’auteur nous prévient : « …de nombreux mouvements du Nouvel Âge se réclamant aujourd’hui du chamanisme, il importe de préciser que ce phénomène n’est intelligible – et que l’on ne peut en faire une expérience authentique – que dans le cadre de sociétés données participant d’un univers « pré-moderne ». Il se peut que certaines idées des chamanes puissent venir enrichir notre vision « post-moderbe » du monde, mais ces notions extraites du contexte précis dans lequel elles ont surgi, n’ont plus grand-chose à voir avec le chamanisme proprement dit. » Avis donc aux bobos et autres médiums de salon.

 

  L'ouvrage de Piers Vitebsky est un travail anthropologique de recensement et d'analyse – enrichi de très nombreuses photos et illustrations –qui balaie les multiples formes de chamanisme dans « des sociétés aussi éloignées que l’Arctique, l’Amazonie, l‘Afrique ou Bornéo, par exemple. « Dispersé, fragmenté, le chamanisme ne devrait peut-être pas être un « -isme » : il n’a ni doctrine, ni église mondiale, ni texte sacré, ni prêtres faisant autorité pour décider du bien et du mal. ».

Le chamanisme est l’émanation d’une conception animiste du monde, plurimillénaire et centrée sur « l’unité de l’Homme dans le cosmos », ainsi que le titre Jean Malaurie dans sa postface. Il est issu des sociétés de chasseurs « contraints de prendre la vie pour vivre », aussi la vision chamanique de l’équilibre cosmique est-elle notamment  largement « fondée sur l’idée de « fournir une compensation aux animaux dont il faut se nourrir. »

C’est sur ce principe général d’équilibre cosmique que repose l’intervention du chamane (le chamane pouvant  être un homme ou une femme). Tout le travail du chamane va consister à rétablir une harmonie rompue, rétablir les liens entre l’individu et son environnement - naturel, social, spirituel. De ce point de vue, le mysticisme n’est qu’un des aspects du chamanisme, qui est avant tout une religion pratique visant à influer sur le monde réel.

Dans la conception chamanique, il y a un esprit ou un rapport aux esprits pour tout, les animaux, les végétaux, les pierres et les rochers, la malchance, les maladies…, et les esprits se comportent comme les humains : ils peuvent être de bonne ou de mauvaise humeur, tristes ou gais, oublieux ou rancuniers, etc. Ainsi, par exemple, le chamane s’emploiera-t-il à  amadouer et calmer un esprit vindicatif et rancunier responsable des déboires d’un individu.

Dans la conception chamanique, l’unité de la réalité que nous percevons n’est que façade : tout est décomposé et tout est interdépendant. Ainsi soigner un individu c’est aussi s’assurer de la bonne santé du groupe, qui le plus souvent participe aux rituels de guérison.

« Il y a plusieurs façons d’exprimer la différence entre le monde des essences et notre monde habituel de phénomènes et d’impressions. » « Qu’elle que soit la manière dont les autres conçoivent et ressentent leur environnement habituel, pour le chamane, la dimension des esprits est toujours présente, quoique cachée. Elle est cachée parce qu’elle ne correspond pas à l’apparence superficielle des choses mais à leur nature intérieure. »

La représentation du monde peut être différente selon les différentes traditions chamaniques, mais d’une façon générale le monde est composé de différentes strates et niveaux de conscience, et les rituels et la transe (favorisée ou non par des substances hallucinogènes) sont les meilleurs moyens d’accéder au monde des esprits et à une autre réalité – la transe pouvant être individuelle (le chamane) ou collective (sous l’égide du chamane).

 

Après cette première approche très rapide, il apparaît comme une évidence que les grandes religions actuelles (monothéisme, hindouisme, bouddhisme…) ont préalablement intégré la vision très ancienne du monde du chamanisme, avant de la transformer peu ou prou. Je soulignerai en passant que la vision animiste du monde est sans conteste la plus partagée au monde. On la retrouve un peu partout, notamment disséminée dans nos sociétés modernes, par  exemple dans les différentes formes de superstition. Que penserait un chamane de « l’esprit du chat noir » ? Un chapitre est consacré au chamanisme dans l’histoire des religions. « …la manifestation du sacré dans une ‘pierre’ ou dans un ‘arbre’ n’est ni moins mystérieuse ni moins digne que la manifestation du sacré dans un ‘dieu’. Le processus de sacralisation de la réalité est le même : la forme prise par ce processus de sacralisation dans la conscience religieuse de l’homme diffère. »

Voilà dressés à grands traits, ici forcément très parcellaires, quelques aspects du chamanisme que j’ai choisis arbitrairement en laissant de côté d’autres dimensions pourtant tès importantes. Mais pour mieux saisir la multiplicité des formes et des représentations du monde du chamanisme, mieux en saisir la complexité, je ne saurais que conseiller la lecture de cet ouvrage passionnant.

Bernard Giusti

Les chamanes, Piers Vitebsky, postface de Jean Malaurie, éd. Taschen GmblH, Kôln, 184 pp., 2001

Des neiges de Sibérie à la forêt d'Amazonie, le phénomène complexe et multiforme du chamanisme est présent dans la plupart des sociétés humaines. "Les Chamanes" nous introduit dans le monde fascinant de ses multiples manifestations historiques et contemporaines.

La dimension médicale du phénomène, qui constitue son aspect le plus spectaculaire, est bien sûr abordée, ainsi que ses dimensions psychologiques et psychiatriques. Mais à travers sa conception originale de la santé, c'est toute une autre perception de l'homme et de la nature que manifeste le chamanisme. Aussi sont étudiés des thèmes aussi variés que la cosmologie des chamanes, leurs rituels d'initiation, leurs visions et leurs transes, leur art très spécifique...

Une cartographie détaillée des traditions chamaniques illustre leur rôle social et religieux dans l'histoire, et rend compte de leur confrontation à la culture occidentale.

Plus de 250 illustrations, pour la plupart en couleurs, parmi lesquelles de nombreuses photographies totalement inédites, viennent enrichir ce guide du chamanisme, postfacé par Jean Malaurie.

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Mon portrait pae Zoïa

Publié le 24 Août 2025 par Bernard Giusti dans Sur la route..., bernardgiusti

Mon portrait pae Zoïa

J'étais au café La Terrasse d'Italie avec ma fille Iris. A quelques tables de nous, un jeune couple inconnu. Quand je suis parti, la jeune fille s'est levée pour me donner un portrait de moi qu'elle avait dessiné en douce ! Je l'ai remerciée et lui ai demandé son prénom : merci Zoia !

Il y ainsi parfois des rencontres inattendues et tellement sympathiques.

 

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"Plutôt crever" de Catherine Ursin

Publié le 17 Août 2025 par Bernard Giusti dans Poésie, Critiques, Ma bibliothèque, bernardgiusti

"Plutôt crever" de Catherine Ursin

La poésie de Catherine Ursin n’est pas une simple poésie à fleur de peau mais une poésie de nerfs à vifs, dans laquelle, littéralement, la chair se fait verbe.

L‘auteure se livre à un véritable travail de dépouillement et de déconstruction du corps et de l’esprit, dans un récit centré autour de la perte, du deuil et de l’amour.

 

Face au vieillissement et à sa conclusion inévitable, la mort, la sphère de l’intime se désagrège dans les fonctions vitales, les viscères  et les humeurs. Les mots sont durs, coupants, scalpels propices à une dissection en règle. Sans doute pour mieux atteindre l’essentiel, la « substantifique moelle ».

Mais au-delà de la violence et de la souffrance exprimées, au-delà de la mort et de la finitude, subsistent des effluves de tendresse et d’amour, souvenirs d’une vie « d’avant » qui ne suffisent pas à combler la solitude existentielle, accrue par le rétrécissement des possibles, la réduction inéluctable de l’avenir.

 

Du style soutenu et sans concession de Catherine Ursin ressort une lucidité qui emporte la chair et les os, et laisse le lecteur osciller sans cesse entre la fascination et l’appréhension.

Un texte violent, triste et beau.

 

Bernard Giusti

 

Plutôt crever, Catherine Ursin, Z4 Editions, 2019, 82 pages, 14 €

"Plutôt crever" de Catherine Ursin
"Plutôt crever" de Catherine Ursin
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