Articles littéraires (romans, nouvelles, poésies, essais, sciences humaines) ) politiques et syndicaux
Publié le 1 Septembre 2020 par Bernard Giusti dans Histoire, Ma bibliothèque
Publié le 9 Août 2020 par Bernard Giusti dans Poésie, Vidéos, Histoire
Publié le 17 Juillet 2020 par Bernard Giusti dans Préfaces et présentations, Nouvelles, Ma bibliothèque, bernardgiusti
Publié le 29 Juin 2020 par Bernard Giusti dans Articles politiques et syndicaux
S'il y a bien un grand absent dans les médias lors de ce second tour des élections municipales en France, c'est sans nul doute le PCF, disparu des écrans.
Certes, on peut y voir la volonté des dirigeants de ces médias cherchant à rendre le Parti invisible. Et c'est certainement l'une des raisons.
Mais la raison principale de la disparition du PCF des radars médiatiques est sans nul doute la stratégie qui a été menée par le Parti, à savoir d'associer les représentants communistes à des listes communes menées par d'autres partis. Comme me le disait un vieux de la vieille du Parti, "il est important qu'on y soit pour nous faire entendre". Le résultat est que la voix même du PCF est bel et bien devenue quasi inaudible.
Si l'action des militants communistes sur le terrain a été très souvent déterminante pour le succès des listes dites de gauche (mais de mon point de vue plutôt, généralement, des ramassis de n'importe quoi - à moins que l'on ne considère, si on a la mémoire courte, que le PS est "de gauche" !), les lauriers ont été cueillis par d'autres, PS ou Verts, dont l'engagement n'a que peu à voir avec la lutte des classes et la défense des travailleurs.
Peut-être conviendrait-il, après des décennies de "suivisme électoraliste", que les dirigeants du PCF finissent par se rendre compte qu'il vaut souvent mieux être seul que mal accompagné, et que les alliances ne devraient se faire que sur la base de nos propres idéaux marxistes.
Quand le PCF cessera-t-il d’être le dindon de la farce électorale ?
Publié le 16 Juin 2020 par Bernard Giusti dans Vidéos, Poésie
Publié le 9 Juin 2020 par Bernard Giusti dans Préfaces et présentations, bernardgiusti, Romans et littérature générale
Ecrivain, poète, parolier, chanteur, critique musical, musicien de jazz (trompettiste) et directeur artistique, Boris Vian, né le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray et mort le 23 juin 1959 à Paris. Formé à l'École centrale, il s'est aussi adonné aux activités de scénariste, de traducteur (anglais américain), de conférencier, d'acteur et de peintre. Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il a publié plusieurs romans dans le style américain, parmi lesquels J'irai cracher sur vos tombes qui a fait scandale et lui valut un procès retentissant.
Boris Vian a abordé à peu près tous les genres littéraires : poésie, documents, chroniques, nouvelles. Il a aussi produit des pièces de théâtre et des scénarios pour le cinéma. Son œuvre littéraire a été saluée par la jeunesse dès les années 1960-1970. L’écume des jours en particulier, avec ses jeux de mots et ses personnages à clef, est passée à la postérité. Il est l’inventeur de mots et de systèmes parmi lesquels figurent des machines imaginaires et des mots, devenus courants de nos jours.
Soutenus par un style très vif, les écrits de Boris Vian se sont largement inspirés de l’absurde (Beckett), des jeux de mots (surréalisme) et de l’invention de néologismes (Henri Michaux). Mais aussi d’un « pessimisme » qui le maintenait dans une distance ironique permanente par rapport à tout ce qui apparaissait « sérieux » à son époque (notamment l’existentialisme).
Nous publions ci-dessous le paragraphe consacré par Pierre Meige à Boris Vian dans le Manuel historique, poétique et féerique des Hauts-de-Seine publié à L’Ours Blanc.
Bernard Giusti
(présentation in n°56 des Chemins de Traverse)
Publié le 24 Mai 2020 par Bernard Giusti dans Ma bibliothèque, Histoire
"Histoire de le Commune" de Lissagaray est considéré comme l'un des meilleurs témoignages historiques sur la Commune de Paris.
Lissagaray est surtout réputé pour l'enquête qu'il a menée sur l'histoire de la Commune de 1871, événement auquel il a participé. Il recueille ainsi des témoignages auprès de nombreux survivants en exil, à Londres, en Suisse. Il consulte tous les documents alors disponibles à l'époque, car "le vainqueur guettera la moindre inexactitude pour nier tout le reste".
Eleanor Marx, fille cadette de Karl Marx, s'est éprise de lui lors de son exil à Londres, de 1871 à 1880. C'est elle qui va ainsi traduire l'Histoire de la Commune de 1871 en anglais.
Publié le 24 Mai 2020 par Bernard Giusti dans Critiques, Ma bibliothèque, Romans et littérature générale, bernardgiusti
Pierre Drachline ou de la difficulté d'être vivant
Le thème des "enterrés vifs" est un thème récurrent de la littérature. Toutefois, Pierre Drachline, dans son roman "Une si douce impatience", a réussi à renouveler le genre.
Le narrateur est-il un cadavre ou est-il enterré vivant ? Si incertitude il y a, nul doute qu'elle soit volontaire. Pour Drachline le mort et le vif sont intimement liés, et ce depuis la naissance, et le texte fourmille de phrases lapidaires qui vont en ce sens. Par exemple lorsque le narrateur prend conscience qu'il est dans un cercueil :
"Un médecin a dû constater ma mort clinique. [...] Cela me chagrine moins que d'avoir été déclaré vivant à la naissance."
Les vivants vivent comme s'ils étaient déjà morts. Toute la dialectique du texte est fondée sur ce glissement permanent entre la vie et la mort. C'est que le monde se réduit un espace étroit, semblable à un cercueil, dans lequel on s'enferme entre des parois de conventions, d'idéaux illusoires, de libertés conditionnelles, d'esclavages consentis comme ceux du travail ou de l'amour, de lendemains qui n'ont jamais chanté que pour les exploiteurs et les tyrans... Le seul amour que le narrateur consent à reconnaître c'est celui d'une femme qui lui a toujours demandé ce qu'il ne pouvait lui donner, ou ce qu'il s'est toujours appliqué à ne pas lui donner. C'est sans doute dans ce livre la forme la plus douce de la non-communication générale. Et finalement la seule communication vraie qu'il y aura entre cet homme et cette femme se fera non par l'intermédiaire du langage mais par le martèlement des poings de la femme sur le cercueil...
L'humour n'est jamais absent de ce tableau en forme de bilan. A priori, on pourrait penser qu'il s'agit de cynisme, c'est-à-dire de quelqu'un qui se moque de la jouissance des autres. Mais rien n'échappe à la plume de l'auteur, et surtout pas lui-même. L'humour de Drachline est sans doute l'illustration même de la fameuse formule "l'humour est la politesse des désespérés". Car à la lecture apparaît paradoxalement en filigrane le portrait d'un être condamné à la déception pour avoir une trop haute opinion de l'être humain... Et c'est peut-être là le véritable "cercueil" de Pierre Drachline : de n'avoir jamais accepté que la médiocrité soit partie intégrante de l'humanité. Il ne s'y résigne pas, mais il ne la combat pas ni ne la dénonce, il l'observe et s'en tient éloigné. Autant dire qu'il garde une distance prudente vis-à-vis de ses semblables, même si, rarement, il reconnaît en certains d'entre eux des frères de captivité : "Je ne me suis senti proche que d'individus. Singuliers. Inattendus. Souvent mes contraires. En aucun cas ils n'auraient pu former un groupe."
Pierre Drachline n'est pas de ceux qui s'engagent : "L'énergie des combats inutiles m'a manqué. Baisser les bras avant de les avoir levés est le seul exercice physique ou mental que j'aurai pratiqué. Avec une conviction jamais démentie." En réalité, ses engagements sont autres et se font sans tambour ni trompette, sans grandes déclarations et sans effet d'annonce. Ils se font au quotidien, par exemple dans un verre pris au comptoir et partagé en silence, ou dans la complicité inavouée avec ceux qui savent que l'ordre du monde n'est jamais qu'un désordre consensuel... Il se définit lui-même comme un "voyageur immobile", celui qui laisse le monde traverser sa conscience, et réciproquement. Car dans ce cercueil incontournable qu'est la condition humaine, la seule liberté est bien celle de l'imaginaire. Quand le monde se réduit un espace étroit, que reste-t-il ?
Ce roman pourrait être qualifié d'existentiel en ce qu'il touche aux interrogations les plus profondes de l'être humain (pour peu qu'on ait eu le courage de soulever un peu le couvercle du cercueil...). Mais même cette liberté-là, la liberté du prisonnier selon Sartre, finit par se heurter aux murs de la prison et, quand vient l'heure du vrai cercueil, l'heure que l'on a passé sa vie à attendre avec une douce impatience, on n'aspire plus qu'à l'inconscience définitive...
"Une si douce impatience" a le grand mérite, que l'on partage ou non la vision du narrateur, de nous amener à nous interroger sur ce qui constitue le tissu de notre vie sociale et sentimentale, sur notre relation au monde et sur le sens de notre propre vie. Le roman est écrit en phrases courtes qui servent parfaitement le propos, et le style impeccable rappelle celui de certains écrivains comme Antoine Blondin, très présent dans le livre. À une époque où selon la formulation de Roland Barthes nous avons le plus souvent affaire à des écrivants plutôt qu'à des écrivains, on se réjouira de lire un auteur qui fait œuvre de littérature.
Bernard Giusti
Pierre Drachline, Une si douce impatience, Flammarion 2006, 200 pages, 17 euros
In Chemins de Traverse n°30, revue de L’Ours Blanc et de L’Homme Bleu, décembre 2006
In L'Humanité, 2 février 2006
Publié le 23 Mai 2020 par Bernard Giusti dans Ma bibliothèque, Poésie
Publié le 23 Mai 2020 par Bernard Giusti dans Ma bibliothèque, Anthropologie