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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 13:49

 

 

 

Le rapport annuel 2016 de l’APHP a été publié. Il réserve quelques surprises !

Voyez par vous-mêmes :

 

Hôpitaux universitaires Pitié-Salpétrière – Charles Foix

1.2 M de patients pris en charge

Pour 7879 agents PNM, soit 1.5 patient/agent

 

Hôpitaux universitaires Est Parisien

1.1 M de patients pris en charge

Pour 7336 agents PNM, soit 1.5 patient/agent

 

Hôpitaux universitaires Paris Centre

1.1 M de patients pris en charge

Pour  5628 agents PNM, soit 2 patients/agent

 

On le voit, les agents du GH Cochin ont une charge de travail nettement supérieure par rapport aux deux autres plus importants GH de l’APHP.

Pourtant, cela n’empêche la Direction de réclamer toujours plus de la part des agents.

Cela ne l’empêche pas non plus de déclarer régulièrement en instances que le GH étant en déficit, il faut encore rogner sur le personnel !

Or, en 2016, le GH a réalisé 10% d’activité en plus, malgré des réductions d’effectifs.

 

La CGT Cochin se pose la question : comment va-t-on continuer à augmenter l’activité en réduisant encore plus le nombre d’agents ?

 

Pour la CGT Cochin, l’important n’est pas la logique comptable de l’Administration de l’APHP, mais bien la santé des agents et la sécurité des patients. L’hôpital public n’est pas une entreprise cotée en Bourse, pour l’instant tout au moins…

 

Marise Dantin  & Bernard Giusti

10-01-17

article paru dans l'Anti-Casse n°16, le journal de la CGT Cochin

 

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 13:47

 

 

Depuis l’ouverture du Centre Lourd d’Ophtalmologie, les surcharges de travail sont quotidiennes et le personnel est épuisé. En effet, pour des raisons financières comme il est de coutume à l’APHP, trois services d’Ophtalmologie (Lariboisière, Hôtel-Dieu et Cochin) ont été mutualisés sans que le personnel nécessaire n’ait été affecté pour faire face à la charge réelle de travail. Le regroupement sur le Centre Lourd d’Ophtalmologie a eu pour conséquence d’accueillir  en plus des Urgences Ophtalmo. En outre, les programmes opératoires ne tiennent pas compte du personnel disponible, l’une des raisons étant que chaque « chef » (il y en a donc trois) organise chacun de son côté son propre programme. De plus, les vacations du matin, surchargées, débordent largement de la plage horaire de la matinée, et par conséquent les programmes de l’après-midi commencent et se terminent avec beaucoup de retard. A tel point qu’il n’est pas rare que des interventions prévues soient annulées au dernier moment (au préjudice des patients).

Toutes les unités du Centre Lourd d’Ophtalmologie sont touchées : blocs opératoires, hôpital de jour, accueil, archives… Les heures supplémentaires ne se comptent plus !

Devant cette situation intolérable, le personnel du Centre Lourd d’Ophtalmologie s’est adressé à la CGT Cochin qui a immédiatement demandé, avec l’appui de tout le personnel, une réunion en urgence. Lors de cette réunion avec la CGT Cochin, le personnel a pu, devant la Direction et les Patrons, exprimer ses difficultés, sa souffrance et son épuisement et son mal-être, et ses craintes d’erreurs professionnelles et de maltraitance des patients.

La Direction a immédiatement accordé un soutien en personnel et un réajustement des charges de travail. Elle a également pris l’engagement ferme de payer toutes les heures supplémentaires effectuées.

A ce jour, la situation semble ne pas s’être détériorée encore plus, mais et loin d’être stabilisée.

La CGT Cochin est vigilante et suit de très près l’évolution des conditions de travail du Centre Lourd d’Ophtalmologie.

 

Marise Dantin & Bernard Giusti

10-01-17

10-01-17

article paru dans l'Anti-Casse n°16, le journal de la CGT Cochin

 

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Published by Bernard Giusti
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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 03:41

 

Le développement des activités ambulatoires dans les hôpitaux de l’APHP s’est accru au cours des dernières années, et va être considérablement renforcé dans les mois et les années à venir.

Généralement, ce qui est mis en avant par l’Administration et le corps médical est d’une part que l’ambulatoire serait plus « rentable » et mieux à même de diminuer les déficits hospitaliers, et d’autre part que beaucoup de soins peuvent être désormais réalisés en ambulatoire (notamment grâce aux avancées technologiques des matériels médicaux et des pratiques médicales), avec l’idée que moins le patient reste à l’hôpital mieux il se portera.

Ce qui au passage évacue complètement le rôle social et humain de l’hôpital puisque cela suppose que les patients vivent dans des environnements familiaux et sociaux favorables. Or la population française s’appauvrit d’année en année, du fait de l’économie libérale qui repose sur l’enrichissement des plus riches et l’appauvrissement des plus pauvres. La majorité des patients de l’hôpital public viennent des milieux les moins favorisés, et lorsqu’ils quittent l’hôpital, ils doivent souvent retourner dans des environnements qui n’ont rien de reposant ou de serein. Dès lors on ne voit pas trop comment ce retour après une intervention en ambulatoire, par exemple, favoriserait la guérison du patient…

L’ambulatoire a aussi l’inconvénient d’être mis en place dans des structures hospitalières qui subissent de plein fouet la réduction des effectifs. Si d’un point de vue économique il est plus rentable qu’un lit soit occupé par plusieurs patients au cours de la journée, par contre cela entraîne des surcharges de travail très importantes pour les soignants puisque, par exemple, il faudra nettoyer la chambre plusieurs fois dans la journée afin de la préparer pour le patient suivant. Ceux qui travaillent dans les services verront tout de suite ce que cela représente… D’autant qu’aux soins proprement dits s’ajoutent les formalités d’entrée et de sortie très lourdes et chronophages.

Je pourrais détailler plus avant les conséquences de l’ambulatoire sur les conditions de travail des agents de notre hôpital.

Mais l’enjeu du développement de l’ambulatoire est tout autre. L’ambulatoire s’inscrit en réalité dans un projet plus vaste, celui de la « Loi Bachelot », et plus précisément celui de la mise en place des Territoires de Santé. On le sait, le concept de Territoire de Santé se définit par la mise en réseau de différents établissements et professionnels de santé, c’est-à-dire par un partenariat public-privé systématisé. Au détriment, bien sûr (dans la pure logique libérale) de nos établissements publics.

En effet, en instaurant l’ambulatoire, on crée de fait un véritable parcours de santé : le patient, reçu à l’hôpital public en ambulatoire, verra ensuite ses soins prolongés, par exemple, par une infirmière privée pour les soins de suite, ou par des examens complémentaires dans des laboratoires privés, etc. L’ambulatoire suppose en outre une collaboration accrue entre le médecin traitant (privé) et tous les autres acteurs de santé (publics et privés). Les exemples de la « chaîne de soins » sont multiples, mais ont tous en commun de déposséder l’hôpital public au profit du privé.

En résumé, la mise en place de l’ambulatoire vise deux objectifs principaux qui nous visent directement : diminuer la part de l’hôpital public dans la chaîne de soins (en clair, fermeture d’hôpitaux publics) et diminuer le nombre d’agents dans les hôpitaux (suppressions de postes accrues).

C’est dans le cadre des Territoires de Santé qu’il faut replacer le projet « Oikeiosis »1 récemment concocté par nos directeurs de l’APHP. Les « supra-GH »2 par exemple correspondent aux objectifs de la Loi Bachelot pour ce qui concerne la mise en place des Territoires de Santé. Autre exemple, la mobilité des agents d’un hôpital à l’autre en fonction des besoins, ce qui à long terme permettra aussi le moment venu de déplacer dans la chaîne public-privé des agents de l’APHP dans des établissements privés. Avec le projet Oikeiosis, il s’agit d’une part de faire taire les oppositions au sein de l’APHP et d’autre part de préparer les agents à travailler indifféremment (et en alternance) dans le public ou le privé3.

On le voit, le développement de l’ambulatoire est loin d’être une simple mesure économique anodine. Il s’agit bel et bien d’une mesure poursuivant le démantèlement de l’hôpital public.

 

Bernard Giusti

15-10-17

article paru dans l'Anti-Casse n°16, le journal de la CGT Cochin

 

1) Nom grec que les directeurs de l’APHP ont donné à leur projet. C’est un concept stoïcien selon lequel nous sommes unis dans une même communauté, étant entendu qu’il faut éliminer tous ceux qui s’opposent à cette communautéet n’adhèrent pas au projet : un vrai programme ! On voit ce que cela signifie au sein de l’APHP : il faut se débarrasser des contestataires, ceux qui refusent les sous-effectifs par exemple…

2) Regroupements de plusieurs GH

3) Les ordonnances de Macron vont faciliter cette mobilité imposée aux travailleurs. D’autant que dans ses projets, Macron compte bien s’attaquer aux statuts de la Fonction Publique. L’objectif des libéraux (Macron, patrons, financiers) est ouvertement la disparition des services publics.

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 19:42

 

«Dix jours qui ébranlèrent le monde»

 

Alors que la guerre de 14-18 fait rage entre la Triple-Entente(1) et les Empires centraux(2), et que des millions d’hommes meurent au combat au nom d’intérêts contradictoires de la bourgeoisie, la révolution russe de 1917 est un séisme politique d’une importance capitale pour le mouvement ouvrier et le communisme révolutionnaire. Dans les dures conditions de la guerre et du désastre économique, le prolétariat russe se soulève et renverse le tsarisme.

Pour les travailleurs du monde entier, soumis à l’exploitation quotidienne des patrons et des financiers, la Révolution d’Octobre suscite un immense espoir : l’un des plus grands pays de la planète est gouverné par des ouvriers, des paysans, des employés ! Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, le prolétariat est au pouvoir !

 

***********

En février 1917, les grèves et manifestations insurrectionnelles à Petrograd poussent le tsar à abdiquer. Un gouvernement provisoire favorable à la bourgeoisie est alors formé, mené par Kerenski. Mais dans le même temps le soviet(3) de Petrograd est créé, et des soviets d’ouvriers et de soldats se forment rapidement dans les grandes villes puis dans les campagnes. Dans les soviets, les classes populaires se réunissent pour discuter mais aussi pour autogérer toute une partie de la vie locale.

Le gouvernement provisoire bourgeois (favorable à une économie libérale, comme aujourd’hui en France) ne veut prendre aucune mesure trop radicale, pas même la proclamation de la République et il refuse les revendications des soviets (la paix, la terre aux paysans, la journée de 8 heures...). Dès lors l’opposition est entièrement constituée de « socialistes » (même si le premier parti, le parti Socialiste-Révolutionnaire (SR), est davantage une force petite-bourgeoise).

Les dirigeants bolcheviks présents en Russie (Kamenev, Staline, Molotov...) suivent les autres socialistes, considérant que leur ligne de soutien à la révolution bourgeoise passe par le soutien au gouvernement provisoire. Mais de retour d’exil, Lénine s’oppose à cette ligne de collaboration avec les socio-démocrates et fait aussitôt paraître ses Thèses d’avril. Il soutient qu’il faut dénoncer le gouvernement provisoire comme incapable de satisfaire les revendications démocratiques, ouvrières et paysannes, et il revendique « tout le pouvoir aux soviets », pour créer un Etat « du type de la Commune de Paris ». En s’appuyant sur la base ouvrière, il parvient à faire changer l’orientation de son parti.

 

La révolution d’Octobre marque la seconde phase de la Révolution russe de 1917, après la révolution bourgeoise de février. Son point d’orgue est l’insurrection du 24-25 octobre. Appuyé sur les soviets, le parti bolchevik de Lénine réussit à donner une direction politique de classe qui mène en octobre à la première vraie révolution prolétarienne de l’Histoire, laquelle engendrera une vague révolutionnaire en Europe.

 

Dans les villes russes, beaucoup d’ouvriers se mettent en grève, mais les plus avancés considèrent déjà ce mode d’action comme dépassé et se rallient à l’objectif de l’insurrection.  Lénine, avec l’appui de Trotski, parvient le 10 octobre à rallier une majorité à une motion qui met à l’ordre du jour immédiat la préparation de l’insurrection. Le soviet de Petrograd décide la création d’un Comité militaire révolutionnaire (CMR) qui coordonne les soldats fidèles aux soviets. Une section de gardes rouges (ouvriers armés) est également créée.

Le 24 octobre, les défections de troupes continuent parmi celles qui étaient jusque-là contrôlées par le gouvernement bourgeois de Kerenski. Dans la nuit du 24, le CMR fait occuper les centres névralgiques de Petrograd : ponts, gares, banque centrale, centrales postale et téléphonique. Des troupes et des officiers sont arrêtés et désarmés. Parfois, les bolcheviks font preuve d’une trop grande indulgence : sûrs de leur force, ils espèrent le moins de violence possible ; ils auront plus d’une fois à le regretter par la suite, pendant la guerre civile.

Le matin du 25 octobre, le CMR annonce qu’il a pris le pouvoir et que le gouvernement est démis. En fait, celui-ci siège toujours au Palais d’hiver, dont la prise a été retardée. Dans la journée, le siège du gouvernement bourgeois est évacué sans arrestation. La prise de la capitale s’est globalement déroulée dans le calme, causant seulement 5 morts et quelques blessés. Pendant l’insurrection, les tramways continuent à circuler, les théâtres à jouer, les magasins à ouvrir.

La seule tâche qui reste est donc la prise du Palais d’hiver. Le dispositif de défense du Palais d’hiver est en déliquescence, les junkers et les cosaques(4) ne savent pas quelle attitude adopter. Dans la nuit, suite à une canonnade purement démonstrative de l’Aurore(5), le Palais d’hiver tombe sans combat, et le gouvernement est arrêté, à l’exception de Kerenski qui a réussi à s’enfuir vers le front.

 

Le Congrès des soviets se réunit le matin du 25, et Lénine déclare que le pouvoir est désormais aux mains des soviets et qu’il s’agit « d’édifier l’ordre socialiste ». Les premières mesures politiques du nouveau pouvoir sont prises par le Congrès lui-même, dans la nuit du 26 au 27. En 33 heures sont prises des mesures que le gouvernement provisoire bourgeois n’avait pas prises en 8 mois d’existence :

- appel à tous les pays belligérants pour mettre fin à la guerre et discuter d’une paix juste et démocratique

- décret qui affirme que la terre appartient à ceux qui la cultivent

- création du nouveau gouvernement, le « soviet des commissaires du peuple »

De nombreuses autres réformes furent lancées dans les jours ou les mois suivants :

- Décret instaurant le contrôle ouvrier dans les usines, journée de 8 heures et semaine de 48h,

- Annulation de la dette publique russe et nationalisation des banques et des grandes industries.

- Fin de toute discrimination en fonction de la nationalité et droit à l’autodétermination(6)

- Egalité complète des droits pour les femmes, affirmation de l’égalité des salaires et mesures sociales pour transformer la famille. Fin de la discrimination à l’égard des enfants illégitimes. Dépénalisation de l’homosexualité. Légalisation de l’avortement en 1920. 

- Mesures volontaristes pour alphabétiser la population et favoriser l’éducation. Suppression des frais universitaires

 

La prise de Moscou fut plus violente, et dura du 28 octobre au 2 novembre. Les bolcheviks occupent le Kremlin puis la direction locale hésite et signe une trêve avec les autorités socio-démocrates locales avant d’évacuer le bâtiment. Les troupes du gouvernement bourgeois en profitent alors pour abattre à la mitrailleuse 300 gardes rouges désarmés, sous les ordres du maire social-démocrate Roudnev. Les socio-démocrates s’associent à des monarchistes pour mener une sanglante répression contre le peuple. Il faudra une semaine de combats acharnés avant que les bolcheviks, conduits par Boukharine, ne s’emparent finalement de la ville.

 

L’une des premières tâches du gouvernement révolutionnaire sera de mettre fin à la guerre avec l’Allemagne, qui a ruiné le pays et décimé les troupes russes. Le traité de Brest-Litovsk fut signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des Empires centraux, menés par l’Empire allemand et la jeune République russe bolchevique, et mit fin aux combats sur le front de l’Est.

***********

Des étrangers présents en Russie adhèrent activement à la révolution d’Octobre(7). En mars 1919, André Marty et Charles Tillon mènent la mutinerie de la flotte française en mer Noire contre l’intervention contre les bolchéviks. Certains prisonniers de guerre des Empires centraux, convertis au bolchevisme pendant leur captivité en Russie, se sont faits les propagateurs de la révolution à leur retour au pays : le Yougoslave Josip Broz, futur maréchal Tito, n’est que l’exemple le plus célèbre.

 

La révolution d’Octobre n’est d’abord perçue que comme une péripétie politique après bien d’autres. La bourgeoisie est rassurée, Kerenski est l’un des leurs. Ensuite, ni l’Entente (Français et Anglais) ni les Empires centraux ne croient au début à la durée du nouveau pouvoir bolchevik. Après le draconien traité de Brest-Litovsk, l’Entente intervient sur le territoire russe contre les bolcheviks pour empêcher la disparition du front oriental, le reproche principal fait aux bolcheviks étant leur « trahison » de l’alliance. Après l’armistice de Rethondes en 1918, c’est la révolution en tant que telle qui est combattue par les bourgeoisies occidentales.

 

Aux États-Unis, la red scare ou peur des « Rouges » marque les années d’immédiat après-guerre et contribue aux réactions autoritaires, puritaines et xénophobes (les migrants sont perçus comme des porteurs potentiels du « virus » bolchevique) qui marquent les années 1920. En Allemagne, en Hongrie, en Italie, les forces conservatrices, nationalistes ou fascistes, parfois alliées pour un temps à des sociaux-démocrates, se battent pour réprimer par la violence le « bolchevisme » (un mot d’ailleurs élastique, sous lequel ils finissent par regrouper abusivement tout partisan d’un changement social, voire n’importe quel adversaire). En 1919, la peur et la haine du bolchevisme et de la révolution d’Octobre, de ses avatars et de son extension possible jouent un rôle non négligeable dans la formation des idéologies et des mouvements de Benito Mussolini en Italie et d’Adolf Hitler en Allemagne.

Dans les pays colonisés, la révolution d’Octobre suscita aussi des espoirs importants parmi les travailleurs colonisés.

 

De nos jours, la bourgeoisie (de l’extrême droite aux socialistes) a toujours aussi peur du «bolchévisme » (communisme). 

En témoigne la propagande qui sévit à travers les nombreux documentaires ou articles destinés à dénaturer ou falsifier les faits historiques afin de mieux déconsidérer tous les régimes favorables aux travailleurs et aux plus pauvres (l’URSS bien sûr, mais aussi Cuba ou le Venezuela par exemple). Bref, tous les régimes qui remettent en cause le droit de la bourgeoisie de pouvoir exploiter les travailleurs sans aucune retenue. Mais ils ont toujours des Macron, des Merkel  ou des Trump dans leur manche pour sauvegarder leurs intérêts contre les aspirations populaires....

 

 

Bernard Giusti

15-10-17

article paru dans l'Anti-Casse n°16, le journal de la CGT Cochin

 

1 - Alliance de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale

2 - Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman et Bulgarie

3 - « conseil », en russe

4 - Troupes pro-tsaristes

5 - Canonnière qui s’est ralliée au peuple

6 - Au cours des années suivantes 5 états indépendants furent créés, et au sein de la fédération russe 17 républiques autonomes et régions furent établies.

7 - Ainsi son futur historien, le journaliste américain John Reed, qui publia le livre «Dix jours qui ébranlèrent le monde»

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 13:51

 

 

   En mai 2016, la Direction de Cochin avait diffusé une note imposant aux Auxiliaires de Puéricultures (AP) et aux Aides-Soignantes (AS) de réaliser les tests auditifs sur les nouveau-nés (tests normalement réalisés par les sages-femmes ou les orthophonistes) avec obligation d’en porter les résultats sur le carnet de santé et d’en informer les parents.

Nos collègues AP et AS en avaient immédiatement informé la CGT Cochin, car cela générait pour elles une surcharge de travail importante. La CGT Cochin avait en outre mis en avant que la retranscription sur le carnet de santé et l’information aux parents engageaient la responsabilité légale des AP et des AS, ce qui était inadmissible, d’autant que les tests auditifs peuvent produire des « faux positifs ».

   Autrement dit, l’administration demandait aux AP et aux AS de prendre la responsabilité de signer et d’annoncer des résultats potentiellement faux, quitte à être poursuivies en justice !

   La CGT Cochin, notamment lors de CHSCT, signifia à la direction de Cochin, à l’époque Mme Breton, son opposition totale à cette note de service, arguant que :

- les tests auditifs ne faisaient pas partie des missions des AP et des AS ;

- que l’inscription sur le carnet de santé et l’information aux parents relevaient d’un acte médical et pouvait entraîner des poursuites légales en cas d’erreur ;

- que le cahier des charges de l’établissement ne prévoyait pas ce genre de glissement de tâches ;

- que de toute façon cela entraînait une surcharge de travail importante pour les AP et les AS qui, comme tout le personnel de soins dans l’hôpital, étaient déjà surchargées.

   La Directrice choisit, avec l’appui de l’encadrement, de mépriser ouvertement la CGT Cochin, allant jusqu’à déclarer que même si nous allions devant le Tribunal Administratif (TA) elle s’en fichait… La Direction avait donc maintenu cette note de service et s’était engagée dans un bras-de-fer avec la CGT Cochin.

   La CGT Cochin, pour défendre les agents, n’a pas hésité à poursuivre la Direction devant le TA.

   Dans un premier temps, le TA a décidé que ces tests auditifs pouvaient être réalisés par des AP et des AS, mais uniquement au volontariat et à la stricte condition qu’elles bénéficient d’une formation adéquate. Ce qui n’a pas empêché la Direction de faire pression sur les agents (ce qui évitait d’embaucher un orthophoniste…).

   Nous avons eu connaissance vendredi 27 octobre du jugement définitif du TA : La note de service est annulée et l’APHP est condamnée à verser 1500 euros à la CGT Cochin !

 

Article 1er : La note du 13 mai 2016 du directeur des soins et des activités paramédicales des hôpitaux universitaires de Paris Centre relative aux conditions dans lesquelles le dépistage de la surdité du nouveau-né sera pratiqué dans les services de suites de couches des établissements hospitaliers est annulée.

Article 2 : L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris versera au syndicat CGT de l’hôpital Cochin une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

 

La CGT Cochin n’est pas procédurière, mais lorsqu’il s’agit de défendre les agents elle est prête, et le sera toujours, à utiliser tous les moyens dont elle dispose !

 

Marise Dantin  & Bernard Giusti

article paru dans l'Anti-Casse n°16, le journal de la CGT Cochin

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 11:44

(éditorial de l'Anti-Casse N°16, CGT Cochin)

 

Le Président des riches, Emmanuel Macron, a été élu avec le nombre de voix le plus bas de toute l’histoire de la République. Bien qu’il soit ultra-minoritaire dans le pays, le système de la Ve République lui permet de gouverner comme s’il était réellement majoritaire, en méprisant l’opinion de la majorité des Français. C’est que pour Macron et ceux qui l’ont fait élire, notamment le fameux Groupe Bilderberg (1), il ne s’agissait pas de promouvoir un gouvernement qui dure, mais seulement un homme de main chargé de faire la basse besogne au profit des grands patrons et de la finance.

 

Depuis Sarkozy, ces décideurs internationaux (car la bourgeoisie n’a pas de patrie) ont inventé un nouveau concept de gouvernement que je pourrais appeler « gouvernement-kleenex ». Ils ne cherchent plus à installer des présidents et des gouvernements dans la durée, mais simplement à faire élire des hommes de paille qui puissent s’attaquer à notre peuple pour le dépouiller le plus rapidement possible. Une fois que le premier a fait « son travail » pour déposséder un peu plus les plus pauvres au profit des plus riches, une fois donc qu’il s’est discrédité devant les Français, les grands patrons et les financiers en sponsorisent un autre, et ainsi de suite, le suivant poursuivant la politique du précédent. Il s’agit bel et bien pour eux de mettre en place des « gouvernements-kleenex », ou gouvernements à usage unique… Sarkozy, Hollande, Macron… Qui sera le prochain ?

Ou la prochaine : en effet, dans un précédent éditorial je disais que si Mélenchon n’était pas élu, Marine Le Pen aurait toute ses chances en 2022. Je me trompais peut-être : Jacques Attali, l’ultralibéral bien connu, bien introduit précisément dans le milieu des voyous de la politique, du patronat et de la finance, annonçait en 2014 l’élection de Macron en 2017 (2) ! Et dans la foulée celle de Marion Maréchal-Le Pen en 2022 (3)…

 

Dans cette perspective, Macron et ses amis ont tout intérêt à mettre Mélenchon en avant comme principal opposant. En effet, Jean-Luc Mélenchon fait peur à la bourgeoisie. Le moment venu, en 2022, il est probable que Mélenchon se retrouvera au 2e tour alors que Macron aura été éliminé au premier. En cas de duel Mélenchon/Le Pen, la bourgeoisie mettra toutes ses ressources au service de Le Pen, c’est-à-dire de l’une des leurs.

On voit en tout cas à quel point ceux qui ont toutes les cartes en main pour manipuler l’opinion publique méprisent les Français et la démocratie ! D’ailleurs, les prises de position de Macron sur l’avenir de la France au sein de l’Europe sont très claires : dissoudre la France dans une Europe fédérale dirigée par les grands patrons et les financiers. C’est-à-dire achever de jeter nos institutions républicaines à la poubelle, au profit d’instances européennes qui ne répondent pas de leurs actes…

 

Macron, le « président-kleenex », se hâte de remplir sa tâche en s’attaquant à la protection sociale des travailleurs (Code du travail, Sécu, Retraites, Chômage, etc.), et en s’attaquant aussi aux institutions républicaines encore susceptibles de défendre les citoyens contre la rapacité du grand patronat et de la finance. Le résultat est à la hauteur de ce que les rapaces attendent : baisse généralisée du pouvoir d’achat pour la très grande majorité des citoyens (appauvrissement de la population), travailleurs à la merci de leurs patrons (licenciements sans motif par exemple), destruction des services publics au profit du privé, ponctions sur les retraites (obligeant un grand nombre de retraités à travailler pour survivre), etc. etc. Toutes les conquêtes sociales obtenues dans les luttes par nos aînés sont abrogées les unes après les autres. La « Révolution » de Macron consiste ni plus ni moins qu’à revenir aux conditions d’exploitation des travailleurs du 19e siècle.

 

Quelles que soient les divergences qui peuvent agiter les forces progressistes, face à cette offensive violente contre tous les citoyens, il est essentiel de se regrouper politiquement.

 

La riposte des travailleurs doit être massive et générale ! Seul le blocage du pays pourra contraindre Macron à faire machine arrière. Son mépris pour la démocratie et son mépris affiché pour les Français prouvent assez que les moyens institutionnels ne suffiront pas à le faire plier, ni à obliger le patronat et la finance à reculer. Il s’agit bel et bien d’un rapport de force. Si nous sommes faibles, ils nous prendront tout. N’oublions pas qu’en réalité nous sommes les plus forts : sans nous, sans les travailleurs qui produisent les richesses, ils ne sont plus rien. Par le passé, c’est grâce aux luttes massives des travailleurs que nous avons obtenu tous nos droits : les patrons n’ont jamais rien lâché de bon cœur !

 

Au niveau national, sur le plan syndical Philippe Martinez mène le combat et la CGT Cochin lui apporte tout son soutien. La CGT Cochin est plus que jamais présente sur le terrain aux côtés des travailleurs, et peut constater quotidiennement dans notre hôpital les dégâts humains et économiques causés par la politique ultralibérale de Macron et ses sbires. Seule la lutte paye ! Tous ensemble nous pourrons les vaincre !

 

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

15/10/2017

 

  1. Le groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg ou club Bilderberg, est un rassemblement d'environ 130 membres, essentiellement américains et européens, et dont la plupart sont des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias. Il comprend notamment les patrons de presse, propriétaires des chaînes de télévision, qui se sont lancés dans une véritable campagne publicitaire pour faire élire Macron, et qui depuis son élection se livrent, sous couvert d’information, à une propagande éhontée en faveur de Macron et de son gouvernement
  2. (1) http://www.nouvelordremondial.cc/2017/05/10/jacques-attali-a-predit-lelection-de-macron-2017-celle-dune-inconnue-2022-aout-2014video/***  https://www.youtube.com/watch?v=_aOY7sCOSZ8
  3. Marion Maréchal-Le Pen, actuellement mise en réserve en attendant que les dissensions internes au FN soient réglées.
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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 17:14
Discours pour la Commémoration de la Libération de Paris

 25 août 2017

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

 

Mesdames, Messieurs, chers camarades,

Comme tous les ans nous sommes ici pour rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui, dans les hôpitaux ou ailleurs, ont donné leur vie pour que nous vivions libres, pour que notre pays soit délivré de l’Etat fasciste de Pétain et qu’il soit délivré du joug que l’Allemagne prétendait imposer à toute l’Europe. Ils rêvaient d’une France libre et souveraine, du rétablissement de la République et de ses valeurs fondamentales de partage et de solidarité. La libération de Paris, pour laquelle les agents de l’APHP payèrent un lourd tribut, fut bientôt suivie par celle de notre pays tout entier et suscita un immense espoir de liberté et de justice sociale. Et c’est pourquoi, au sortir de la guerre, dans une France pourtant ravagée et appauvrie, le Conseil National de la Résistance (CNR) mit en place des institutions qui devaient permettre un indéniable progrès et assurer une protection sociale à tous les citoyens.

 

Le CNR, né dans la clandestinité et désormais associé à un gouvernement d’union nationale, répondit à cet espoir en créant notamment la Sécurité Sociale et des soins gratuits pour tous, en mettant en place la protection maternelle et infantile, les retraites par répartition, bref, une large protection sociale qui permettait à tous les travailleurs de subvenir à leurs besoins élémentaires. Elaboré avec toutes les forces vives de la Nation - à l’exception du patronat qui avait largement collaboré avec les Allemands – le CNR nationalisa les banques et les ressources naturelles, énergétiques et financières, afin d’éviter que les intérêts particuliers du patronat ne supplantent les intérêts de la Nation. Car la vertu républicaine, c’est que le bien public prime toujours sur les intérêts particuliers.

 

73 ans après la Libération, que reste-t-il de l’héritage que ces hommes et ces femmes nous ont laissé ? 

 

L’année qui vient de s’écouler a une fois de plus été marquée par des attaques en règle contre les droits des travailleurs, attaques orchestrées par des politiciens largement discrédités au sein de la population. Un gouvernement ultra-minoritaire a été élu et poursuit la politique de régression sociale et institutionnelle de ses prédécesseurs, pour le plus grand bénéfice du patronat. Au cours de ces dernières décennies, la République s’est désagrégée sous les coups de boutoir d’une Europe dominée par les financiers et les multinationales. Ce pour quoi se sont battus et sont morts les combattants de la Libération de Paris, l’indépendance de la Nation, a sombré dans les tiroirs-caisses d’une minorité de la population, et notre pays est désormais un pays vassalisé, vendu au plus offrant.

 

Dans nos hôpitaux, le délitement de la République passe bien évidemment par la volonté politique de cette minorité d’œuvrer à la privatisation des services publics, c’est-à-dire à leur disparition. Concrètement, cela se traduit par une réduction drastique et permanente des effectifs au profit de sociétés ou de contrats individuels privés. Cela se traduit aussi par la mise en place des Territoires de Santé, avec en point d’appui le développement de l’ambulatoire, clef de voûte d’une chaîne public-privé dans laquelle le public aura une place de plus en plus réduite. Cela se traduit encore par la dépendance accrue des agents, à travers les nouvelles OTT qui imposent aux agents de faire passer leur vie privée après les impératifs économiques de l’hôpital-entreprise. (Là encore on ne peut que constater que les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général puisque la seule mesure qui pourrait soulager les agents, l’élaboration des plannings 3 mois à l’avance, n’est toujours  pas mise en place dans un bon nombre de services à Cochin). Le Plan Hirsch couplé à la Loi Travail permet de gérer des sous-effectifs chaque année plus dramatiques. Et chaque année ces sous-effectifs mettent de plus en plus en danger les patients et les agents. Les surcharges de travail qui en découlent conduisent un nombre croissant de nos collègues à des TMS ou à des dépressions dues à la souffrance au travail. Tout ceci se fait au nom d’une logique comptable qui a depuis longtemps supplanté les logiques médicales. 

 

Les exemples sont nombreux. C’est que ce que nous vivons dans nos hôpitaux reflète ce qui se passe dans tout le pays pour l’immense majorité des citoyens. En ce jour de commémoration de la Libération de Paris, que dire de notre gouvernement ultra-minoritaire, qui prétend gouverner par ordonnances et sous état d’urgence permanent ?  Je ne crois pas que celles et ceux, toutes tendances confondues, qui ont donné leur vie et que nous honorons aujourd’hui se soient sacrifiés pour cet ultra-libéralisme liberticide qui ramène les droits des travailleurs cent ans en arrière en les livrant pieds et poings liés entre les mains des patrons, et dont les mesures économiques sont destinées à enrichir les plus riches en appauvrissant la majorité de la population. 

 

C’est dans ce contexte détestable que nous devons, nous, personnels hospitaliers, non seulement nous battre pour nos droits élémentaires, mais aussi tenter de continuer à prodiguer des soins de qualité. Le légitime sentiment d’injustice, général dans tout le pays, est particulièrement flagrant dans notre hôpital qui, à travers les nombreuses restructurations, a subi de plein fouet cette offensive patronale généralisée contre les travailleurs.

 

En cette année 2017, dans une Europe dominée par l’Allemagne, elle-même soumise au patronat et à la finance, et en ce jour de commémoration de la Libération de Paris – Libération à laquelle la CGT participa massivement en prenant les armes – nous devons plus que jamais nous souvenir de ce pour quoi ont lutté et sont morts tant de citoyens. Nous en souvenir pour nous rappeler que rien n’est inéluctable. 

 

Se souvenir c’est avant tout retenir les leçons du passé afin de mieux préparer l’avenir, et ce que nous enseigne l’Histoire – surtout en cette année  centenaire de la Révolution d’Octobre - c’est que quelles que soient l’oppression et l’exploitation des travailleurs, le peuple a toujours su trouver en lui les ressources nécessaires pour renverser tous les régimes basés sur l’arbitraire politique et l’injustice sociale.

 

La CGT Cochin, quant à elle, maintiendra son cap, celui de la défense des agents sur tous les fronts et celui de la défense des services publics contre la rapacité des sociétés privées.

 

 

Bernard Giusti

 

 

Discours pour la Commémoration de la Libération de Paris
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:51

Editorial du n°15 de l’Anti-Casse

Le premier tour des élections présidentielles a rendu son verdict : Macron et Le Pen seront au second tour pour briguer la Présidence de la République. C’est une catastrophe pour tous les travailleurs.
Malgré un excellent résultat de Jean-Luc Mélenchon, démontrant une augmentation importante du nombre de citoyens désirant rejeter un système politique et social inique et à bout de souffle, c’est pourtant le camp des pires ennemis des travailleurs qui arrive en tête.


Dans un communiqué, la CGT a déclaré que les résultats du premier tour « sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. » Ajoutons que ce sont aussi les résultats d’une manipulation médiatique orchestrée directement ou avec l’appui des politiciens de l’Etat par le grand patronat qui possède la quasi-totalité des journaux, des radios et des télévisions. La campagne de Macron a été conçue et s’est déroulée comme une véritable opération de marketing, une opération publicitaire pour vendre la soupe concoctée par les riches et les puissants.
Marine Le Pen, quant à elle, a su revoir totalement depuis quelques années sa politique de communication afin de gommer les aspects nauséabonds de son parti, le but étant bien sûr de le rendre plus présentable. Elle a su mettre l’accent sur des thèmes sociaux, copiés essentiellement sur la CGT, comme la retraite à 60 ans ou la hausse des petits salaires. Des mesures qui ont pu attirer un certain nombre d’électeurs issus des couches les plus populaires. Mais aussi des mesures qui masquent le fond même du programme du FN, qui est un programme d’asservissement massif des citoyens en général, et des travailleurs en particulier.


Les travailleurs sont supposés choisir entre Macron et Le Pen. Bien évidemment il s’agit d’un faux choix : comment choisir entre la peste et la vérole ? Si comme l’a déclaré la CGT « pas une voix ne doit aller au Front National », Macron n’est pas non plus le rempart des travailleurs contre le Front National. Tout comme celle du FN, la politique prônée par Macron (la même en fait que celle qui a été appliquée par les différents gouvernements depuis de nombreuses décennies – la même, mais en plus « sauvage » vis-à-vis des citoyens) repose sur l’exploitation accrue des travailleurs assortie d’une politique de division des citoyens. L’élection de Macron ouvrira un peu plus la voie au FN, les mêmes causes (la politique de libéralisme économique) produisant les mêmes effets (la montée du FN grâce au ressentiment des laissés pour compte, de plus en plus nombreux, du libéralisme économique). Si Le Pen est élue, son programme est lui aussi basé sur le libéralisme économique. Dans les deux cas ce sont les travailleurs qui paieront encore plus l’addition et leur situation ne fera que s’aggraver.


Pour ce second tour des élections présidentielles si, répétons-le, « pas une voix ne doit aller au Front National », le bulletin de vote n’est pas pour autant un recours pour protéger les citoyens des dangers qui les guettent. 


Dans peu de temps auront lieu les élections législatives. Une occasion pour le camp des travailleurs d’envoyer à l’Assemblée Nationale des députés qui les soutiennent.


Mais que ce soit Macron ou que ce soit Le Pen qui remporte l’élection présidentielle, les travailleurs en particulier et les citoyens en général n’auront d’autre solution que de se mobiliser et de se défendre dans la rue.

Bernard Giusti
Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 11:35

16-12-14 Editorial de l'Anti-Casse n°14, le journal de la CGT Cochin

2017 : reprenons le pouvoir !

L’année qui vient de s’écouler a vu tout à la fois s’aggraver l’offensive de la bourgeoisie contre les travailleurs (loi Travail, Plan Hirsch) et s’amplifier la résistance populaire (des millions de citoyens ont manifesté dans les rues, malgré le dénigrement systématique orchestré par les médias contre les organisations de travailleurs, particulièrement contre la CGT). Les militants de la CGT ont bien compris la gravité de la situation et ont élu avec éclat Philippe Martinez à la tête de leur Confédération afin de mieux combattre les attaques des libéraux de tout poil contre les droits des travailleurs et contre les acquis sociaux.

Malgré les mobilisations très importantes, le gouvernement libéral conduit par le Parti Socialiste a continué à mener sa politique de destruction à l’encontre de la Nation : Manuel Vals et ses complices ont choisi d’ignorer le peuple et ont fait passer la Loi Travail en utilisant le 49.3 (c’est-à-dire sans vote, par décret), montrant ainsi tout le mépris qu’ils ont pour la volonté populaire et la démocratie.

Démocratie qu’ils ont aussi mise à mal en promulguant et en prolongeant l’état d’urgence (qui suspend les droits élémentaires des citoyens) sous couvert de menace terroriste. Or les spécialistes de la sécurité reconnaissent tous que cet état d’urgence permanent ne sert pratiquement à rien contre le terrorisme, seul le renseignement en amont étant efficace. De fait l’état d’urgence a notoirement été utilisé contre des opposants politiques, dont des militants altermondialistes, et a été l’objet de plusieurs plaintes de citoyens injustement assignés à résidence, et donc privés d’emploi du jour au lendemain.

L’antagonisme entre une classe politique aux ordres de la bourgeoisie et le peuple n’a cessé de s’accroître. L’état d’urgence, c’est l’arme dont se servira la bourgeoisie (le PS, les Républicains, le Front National) le moment venu contre les travailleurs. En effet, puisque les gouvernements méprisent la volonté populaire, la seule alternative pour le peuple sera la révolte et le blocage complet du pays. Or l’état d’urgence stipule bien que peut être arrêté ou assigné à résidence tout citoyen « susceptible de troubler l’ordre public ».  Autrement dit, toute prise de position appelant les citoyens à refuser des mesures gouvernementales injustes (attaques contre les droits civils et contre le droit du travail, augmentations d’impôts, etc.) peut conduire en prison. La promulgation de l’état d’urgence et sa prolongation permanente ne vise qu’à protéger les intérêts de la bourgeoisie, c’est-à-dire des plus riches.

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas sur les politiciens du PS, des Républicains ou du FN qu’il faudra compter pour défendre la démocratie ! Leur sens de la démocratie est à géométrie variable, selon leurs intérêts. Toujours prompts à fustiger Castro ou Poutine, leur silence est assourdissant concernant la dictature turque d’Erdogan, par exemple ; et que l’on se souvienne du sort que ces mêmes « démocrates » ont récemment réservé au peuple grec…

Les élections présidentielles approchent, et étant donné la conjecture actuelle, Fillon risque d’être élu Président. Son programme est très clair : priver les travailleurs de tous leurs droits et les mettre à la merci des patrons, virer un maximum de fonctionnaires et les remplacer par du privé (et pour cela permettre de licencier des fonctionnaires), casser la Sécurité Sociale pour la remplacer par des assurances privées, diminuer les retraites, etc. Toute une série de mesures visant à précariser non seulement les travailleurs mais tous les citoyens, au plus grand bénéfice des plus riches. Fillon a d’ailleurs d’ores et déjà quasiment remercié Hollande et sa clique, puisqu’il a annoncé qu’il sera en mesure d’appliquer son programme dès son élection grâce à tout ce qui a déjà été mis en place par les Socialistes…

Une chose est sûre : Fillon, Le Pen ou un clone de Hollande, quel que soit le futur président, il (ou elle) ne manquera pas d’utiliser l’état d’urgence contre les citoyens, ni non plus d’amplifier la casse des services publics ou la répression contre les opposants politiques ou syndicaux. Leur but est de laisser les travailleurs sans défense face au patronat et à la finance. Sur le plan économique, ils sont tous d’accord : permettre aux riches de s’enrichir, quitte à appauvrir toujours plus la population.

La CGT Cochin quant à elle continuera à militer pour un système de répartition égalitaire des richesses produites par les travailleurs, pour la défense des services publics et l’égalité sociale, et pour un système politique au service du bien de tous et non pas au service de quelques-uns : c’est le contraire de ce que nous avons connu en France depuis des décennies, le contraire de ce que nous promettent les trois partis les mieux placés pour remporter les élections présidentielles…

Bernard Giusti

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 16:50

 

Mesdames, Messieurs,

Chers camarades,

 

Tous les ans, le 25 août est l’occasion pour chacun de se souvenir de ces hommes et de ces femmes qui, dans les hôpitaux ou ailleurs, ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Tous les ans, c’est aussi l’occasion de nous rappeler qu’au sortir de la guerre, dans une France ravagée et appauvrie, des hommes et des femmes regroupés au sein du Conseil National de la Résistance (CNR) ont mis en place des institutions qui devaient permettre un indéniable progrès social.

Le 25 août 1944, à l’initiative du peuple parisien, notre capitale était libérée du joug pétainiste et nazi. Après de longues années de dictature, cette libération, bientôt suivie par celle de notre pays tout entier, suscita un immense espoir de liberté et de justice sociale. Le CNR, né dans la clandestinité et désormais associé à un gouvernement d’union nationale, répondit à cet espoir en créant notamment la Sécurité Sociale et des soins gratuits pour tous, en mettant en place la protection maternelle et infantile, les retraites par répartition, bref, une large protection sociale qui permettait à tous les travailleurs de subvenir à leurs besoins élémentaires. Dans le même temps, ce programme, élaboré avec toutes les forces vives de la Nation, à l’exception du patronat (la très grande majorité des patrons français ayant ouvertement et honteusement collaboré avec les nazis), dans le même temps donc les banques et les ressources naturelles, énergétiques et financières, furent nationalisées afin d’éviter que les intérêts particuliers du patronat ne supplantent les intérêts de la Nation.

La Libération de Paris, ce ne fut pas seulement le refus de la dictature, ce fut aussi l’affirmation de la solidarité entre tous les citoyens, de la justice pour tous et de l’indépendance de la Nation.

 

L’année qui vient de s’écouler a été marquée par des attaques sans précédent contre les droits des travailleurs. Au mépris de la démocratie et malgré la très large opposition du peuple français, la Loi Travail a été promulguée de façon autoritaire par un gouvernement largement minoritaire. Et quoi qu’en ait dit la propagande patronale diffusée par les médias, la mobilisation des travailleurs a été massive et déterminée. Derrière une CGT renforcée par l’élection au Secrétariat national de Philippe Martinez, et avec l’appui des autres forces progressistes de notre pays, des millions de citoyens ont manifesté leur colère dans les rues. Car cette Loi Travail est une régression inégalée dans notre République, puisqu’elle ramène les droits des travailleurs cent ans en arrière en les livrant pieds et poings liés entre les mains des patrons. Mais ce gouvernement minoritaire a refusé d’écouter les citoyens et a choisi sans vergogne de se mettre au service des patrons et de la finance, c’est-à-dire au service de ceux-là mêmes que les libérateurs de Paris, toutes tendances politiques confondues, avaient jadis écartés en raison de leur nocivité pour la Nation.

 

De la même façon, le Plan Hirsch a été élaboré et appliqué malgré l’opposition de la grande majorité des agents de l’APHP et de leurs organisations syndicales. Le Plan Hirsch, dans la droite ligne de la Loi Bachelot, est une adaptation de la Loi Travail à nos hôpitaux. Le but est de rendre les agents taillables et corvéables à merci au service de l’administration hospitalière. Le Plan Hirsch couplé à la Loi Travail permettra de gérer des sous-effectifs chaque année plus dramatiques. Et chaque année ces sous-effectifs mettent de plus en plus en danger les patients et les agents. Les surcharges de travail qui en découlent conduisent un nombre croissant de nos collègues à des dépressions dues à la souffrance au travail. Tout ceci se fait au nom d’une logique comptable qui a depuis longtemps supplanté les logiques médicales. Une logique comptable qui voudrait que les hôpitaux soient rentables au nom d’une prétendue gestion saine de nos hôpitaux, alors que dans le même temps nos gouvernements dilapident des milliards de nos impôts pour payer les patrons et les actionnaires. On le voit, on est bien loin de l’esprit qui présida à la Libération de Paris en 1944.

 

En cette année 2016, nous célébrons aussi le 80e anniversaire du Front Populaire qui en 1936 arracha au patronat des avancées sociales inégalées en permettant aux travailleurs de bénéficier un peu des fruits de leur travail, et dont la mesure emblématique reste encore aujourd’hui l’obtention des congés payés.

1936, 1944 : deux dates qui symbolisent la justice, l’espoir et la liberté.

Mais en cette année 2016, pour la très grande majorité de nos concitoyens la justice sociale a volé en éclats et la démocratie est piétinée. Les idéaux détestables du fascisme et du nazisme, tels que par exemple la stigmatisation de certaines communautés de citoyens ou encore des syndicalistes, assimilés ouvertement par des responsables politiques à des terroristes, ont désormais la part belle dans les médias. Aujourd’hui, à l’heure où le patronat et les financiers gouvernent notre pays, où des lois indignes destinées à asservir les citoyens sont promulguées au mépris de la démocratie, la CGT Cochin ne peut que constater que le pays est plus que jamais divisé, division qui est précisément l’effet de cette politique patronale qui profite à quelques-uns et appauvrit la très grande majorité des citoyens. Le légitime sentiment d’injustice, général dans tout le pays, est particulièrement flagrant dans notre hôpital qui, à travers les nombreuses restructurations, subit de plein fouet cette offensive libérale contre les travailleurs.

 

En ce jour de commémoration de la Libération de Paris – Libération à laquelle la CGT participa massivement en prenant les armes – le plus grand hommage que la CGT Cochin puisse rendre en 2016 aux libérateurs de Paris, c’est bien de rester fidèle aux valeurs qu’ils ont défendues, c’est bien de continuer, comme elle l’a toujours fait, de défendre la justice sociale, l’équité et la solidarité.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin

 

 

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