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La voix des poètes

Louis Aragon / Antonin Artaud / Pablo Neruda /


Louis Aragon / Sacre de l'avenir

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Antonin Artaud / Je ne délire pas
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Pablo Neruda / Alturas de Machu Picchu
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Quelques musiques et chansons

Ci-dessous, vous pouvez écouter quelques musiques et chansons. Il en manque beaucoup ! Notamment, celles de certains de mes amis, car je n'ai pas encore les outils nécessaires pour les mettre en ligne.

 

 

à suivre...
2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:51

Editorial du n°15 de l’Anti-Casse

Le premier tour des élections présidentielles a rendu son verdict : Macron et Le Pen seront au second tour pour briguer la Présidence de la République. C’est une catastrophe pour tous les travailleurs.
Malgré un excellent résultat de Jean-Luc Mélenchon, démontrant une augmentation importante du nombre de citoyens désirant rejeter un système politique et social inique et à bout de souffle, c’est pourtant le camp des pires ennemis des travailleurs qui arrive en tête.


Dans un communiqué, la CGT a déclaré que les résultats du premier tour « sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. » Ajoutons que ce sont aussi les résultats d’une manipulation médiatique orchestrée directement ou avec l’appui des politiciens de l’Etat par le grand patronat qui possède la quasi-totalité des journaux, des radios et des télévisions. La campagne de Macron a été conçue et s’est déroulée comme une véritable opération de marketing, une opération publicitaire pour vendre la soupe concoctée par les riches et les puissants.
Marine Le Pen, quant à elle, a su revoir totalement depuis quelques années sa politique de communication afin de gommer les aspects nauséabonds de son parti, le but étant bien sûr de le rendre plus présentable. Elle a su mettre l’accent sur des thèmes sociaux, copiés essentiellement sur la CGT, comme la retraite à 60 ans ou la hausse des petits salaires. Des mesures qui ont pu attirer un certain nombre d’électeurs issus des couches les plus populaires. Mais aussi des mesures qui masquent le fond même du programme du FN, qui est un programme d’asservissement massif des citoyens en général, et des travailleurs en particulier.


Les travailleurs sont supposés choisir entre Macron et Le Pen. Bien évidemment il s’agit d’un faux choix : comment choisir entre la peste et la vérole ? Si comme l’a déclaré la CGT « pas une voix ne doit aller au Front National », Macron n’est pas non plus le rempart des travailleurs contre le Front National. Tout comme celle du FN, la politique prônée par Macron (la même en fait que celle qui a été appliquée par les différents gouvernements depuis de nombreuses décennies – la même, mais en plus « sauvage » vis-à-vis des citoyens) repose sur l’exploitation accrue des travailleurs assortie d’une politique de division des citoyens. L’élection de Macron ouvrira un peu plus la voie au FN, les mêmes causes (la politique de libéralisme économique) produisant les mêmes effets (la montée du FN grâce au ressentiment des laissés pour compte, de plus en plus nombreux, du libéralisme économique). Si Le Pen est élue, son programme est lui aussi basé sur le libéralisme économique. Dans les deux cas ce sont les travailleurs qui paieront encore plus l’addition et leur situation ne fera que s’aggraver.


Pour ce second tour des élections présidentielles si, répétons-le, « pas une voix ne doit aller au Front National », le bulletin de vote n’est pas pour autant un recours pour protéger les citoyens des dangers qui les guettent. 


Dans peu de temps auront lieu les élections législatives. Une occasion pour le camp des travailleurs d’envoyer à l’Assemblée Nationale des députés qui les soutiennent.


Mais que ce soit Macron ou que ce soit Le Pen qui remporte l’élection présidentielle, les travailleurs en particulier et les citoyens en général n’auront d’autre solution que de se mobiliser et de se défendre dans la rue.

Bernard Giusti
Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 11:35

16-12-14 Editorial de l'Anti-Casse n°14, le journal de la CGT Cochin

2017 : reprenons le pouvoir !

L’année qui vient de s’écouler a vu tout à la fois s’aggraver l’offensive de la bourgeoisie contre les travailleurs (loi Travail, Plan Hirsch) et s’amplifier la résistance populaire (des millions de citoyens ont manifesté dans les rues, malgré le dénigrement systématique orchestré par les médias contre les organisations de travailleurs, particulièrement contre la CGT). Les militants de la CGT ont bien compris la gravité de la situation et ont élu avec éclat Philippe Martinez à la tête de leur Confédération afin de mieux combattre les attaques des libéraux de tout poil contre les droits des travailleurs et contre les acquis sociaux.

Malgré les mobilisations très importantes, le gouvernement libéral conduit par le Parti Socialiste a continué à mener sa politique de destruction à l’encontre de la Nation : Manuel Vals et ses complices ont choisi d’ignorer le peuple et ont fait passer la Loi Travail en utilisant le 49.3 (c’est-à-dire sans vote, par décret), montrant ainsi tout le mépris qu’ils ont pour la volonté populaire et la démocratie.

Démocratie qu’ils ont aussi mise à mal en promulguant et en prolongeant l’état d’urgence (qui suspend les droits élémentaires des citoyens) sous couvert de menace terroriste. Or les spécialistes de la sécurité reconnaissent tous que cet état d’urgence permanent ne sert pratiquement à rien contre le terrorisme, seul le renseignement en amont étant efficace. De fait l’état d’urgence a notoirement été utilisé contre des opposants politiques, dont des militants altermondialistes, et a été l’objet de plusieurs plaintes de citoyens injustement assignés à résidence, et donc privés d’emploi du jour au lendemain.

L’antagonisme entre une classe politique aux ordres de la bourgeoisie et le peuple n’a cessé de s’accroître. L’état d’urgence, c’est l’arme dont se servira la bourgeoisie (le PS, les Républicains, le Front National) le moment venu contre les travailleurs. En effet, puisque les gouvernements méprisent la volonté populaire, la seule alternative pour le peuple sera la révolte et le blocage complet du pays. Or l’état d’urgence stipule bien que peut être arrêté ou assigné à résidence tout citoyen « susceptible de troubler l’ordre public ».  Autrement dit, toute prise de position appelant les citoyens à refuser des mesures gouvernementales injustes (attaques contre les droits civils et contre le droit du travail, augmentations d’impôts, etc.) peut conduire en prison. La promulgation de l’état d’urgence et sa prolongation permanente ne vise qu’à protéger les intérêts de la bourgeoisie, c’est-à-dire des plus riches.

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas sur les politiciens du PS, des Républicains ou du FN qu’il faudra compter pour défendre la démocratie ! Leur sens de la démocratie est à géométrie variable, selon leurs intérêts. Toujours prompts à fustiger Castro ou Poutine, leur silence est assourdissant concernant la dictature turque d’Erdogan, par exemple ; et que l’on se souvienne du sort que ces mêmes « démocrates » ont récemment réservé au peuple grec…

Les élections présidentielles approchent, et étant donné la conjecture actuelle, Fillon risque d’être élu Président. Son programme est très clair : priver les travailleurs de tous leurs droits et les mettre à la merci des patrons, virer un maximum de fonctionnaires et les remplacer par du privé (et pour cela permettre de licencier des fonctionnaires), casser la Sécurité Sociale pour la remplacer par des assurances privées, diminuer les retraites, etc. Toute une série de mesures visant à précariser non seulement les travailleurs mais tous les citoyens, au plus grand bénéfice des plus riches. Fillon a d’ailleurs d’ores et déjà quasiment remercié Hollande et sa clique, puisqu’il a annoncé qu’il sera en mesure d’appliquer son programme dès son élection grâce à tout ce qui a déjà été mis en place par les Socialistes…

Une chose est sûre : Fillon, Le Pen ou un clone de Hollande, quel que soit le futur président, il (ou elle) ne manquera pas d’utiliser l’état d’urgence contre les citoyens, ni non plus d’amplifier la casse des services publics ou la répression contre les opposants politiques ou syndicaux. Leur but est de laisser les travailleurs sans défense face au patronat et à la finance. Sur le plan économique, ils sont tous d’accord : permettre aux riches de s’enrichir, quitte à appauvrir toujours plus la population.

La CGT Cochin quant à elle continuera à militer pour un système de répartition égalitaire des richesses produites par les travailleurs, pour la défense des services publics et l’égalité sociale, et pour un système politique au service du bien de tous et non pas au service de quelques-uns : c’est le contraire de ce que nous avons connu en France depuis des décennies, le contraire de ce que nous promettent les trois partis les mieux placés pour remporter les élections présidentielles…

Bernard Giusti

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Published by Bernard Giusti
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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 16:50

 

Mesdames, Messieurs,

Chers camarades,

 

Tous les ans, le 25 août est l’occasion pour chacun de se souvenir de ces hommes et de ces femmes qui, dans les hôpitaux ou ailleurs, ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Tous les ans, c’est aussi l’occasion de nous rappeler qu’au sortir de la guerre, dans une France ravagée et appauvrie, des hommes et des femmes regroupés au sein du Conseil National de la Résistance (CNR) ont mis en place des institutions qui devaient permettre un indéniable progrès social.

Le 25 août 1944, à l’initiative du peuple parisien, notre capitale était libérée du joug pétainiste et nazi. Après de longues années de dictature, cette libération, bientôt suivie par celle de notre pays tout entier, suscita un immense espoir de liberté et de justice sociale. Le CNR, né dans la clandestinité et désormais associé à un gouvernement d’union nationale, répondit à cet espoir en créant notamment la Sécurité Sociale et des soins gratuits pour tous, en mettant en place la protection maternelle et infantile, les retraites par répartition, bref, une large protection sociale qui permettait à tous les travailleurs de subvenir à leurs besoins élémentaires. Dans le même temps, ce programme, élaboré avec toutes les forces vives de la Nation, à l’exception du patronat (la très grande majorité des patrons français ayant ouvertement et honteusement collaboré avec les nazis), dans le même temps donc les banques et les ressources naturelles, énergétiques et financières, furent nationalisées afin d’éviter que les intérêts particuliers du patronat ne supplantent les intérêts de la Nation.

La Libération de Paris, ce ne fut pas seulement le refus de la dictature, ce fut aussi l’affirmation de la solidarité entre tous les citoyens, de la justice pour tous et de l’indépendance de la Nation.

 

L’année qui vient de s’écouler a été marquée par des attaques sans précédent contre les droits des travailleurs. Au mépris de la démocratie et malgré la très large opposition du peuple français, la Loi Travail a été promulguée de façon autoritaire par un gouvernement largement minoritaire. Et quoi qu’en ait dit la propagande patronale diffusée par les médias, la mobilisation des travailleurs a été massive et déterminée. Derrière une CGT renforcée par l’élection au Secrétariat national de Philippe Martinez, et avec l’appui des autres forces progressistes de notre pays, des millions de citoyens ont manifesté leur colère dans les rues. Car cette Loi Travail est une régression inégalée dans notre République, puisqu’elle ramène les droits des travailleurs cent ans en arrière en les livrant pieds et poings liés entre les mains des patrons. Mais ce gouvernement minoritaire a refusé d’écouter les citoyens et a choisi sans vergogne de se mettre au service des patrons et de la finance, c’est-à-dire au service de ceux-là mêmes que les libérateurs de Paris, toutes tendances politiques confondues, avaient jadis écartés en raison de leur nocivité pour la Nation.

 

De la même façon, le Plan Hirsch a été élaboré et appliqué malgré l’opposition de la grande majorité des agents de l’APHP et de leurs organisations syndicales. Le Plan Hirsch, dans la droite ligne de la Loi Bachelot, est une adaptation de la Loi Travail à nos hôpitaux. Le but est de rendre les agents taillables et corvéables à merci au service de l’administration hospitalière. Le Plan Hirsch couplé à la Loi Travail permettra de gérer des sous-effectifs chaque année plus dramatiques. Et chaque année ces sous-effectifs mettent de plus en plus en danger les patients et les agents. Les surcharges de travail qui en découlent conduisent un nombre croissant de nos collègues à des dépressions dues à la souffrance au travail. Tout ceci se fait au nom d’une logique comptable qui a depuis longtemps supplanté les logiques médicales. Une logique comptable qui voudrait que les hôpitaux soient rentables au nom d’une prétendue gestion saine de nos hôpitaux, alors que dans le même temps nos gouvernements dilapident des milliards de nos impôts pour payer les patrons et les actionnaires. On le voit, on est bien loin de l’esprit qui présida à la Libération de Paris en 1944.

 

En cette année 2016, nous célébrons aussi le 80e anniversaire du Front Populaire qui en 1936 arracha au patronat des avancées sociales inégalées en permettant aux travailleurs de bénéficier un peu des fruits de leur travail, et dont la mesure emblématique reste encore aujourd’hui l’obtention des congés payés.

1936, 1944 : deux dates qui symbolisent la justice, l’espoir et la liberté.

Mais en cette année 2016, pour la très grande majorité de nos concitoyens la justice sociale a volé en éclats et la démocratie est piétinée. Les idéaux détestables du fascisme et du nazisme, tels que par exemple la stigmatisation de certaines communautés de citoyens ou encore des syndicalistes, assimilés ouvertement par des responsables politiques à des terroristes, ont désormais la part belle dans les médias. Aujourd’hui, à l’heure où le patronat et les financiers gouvernent notre pays, où des lois indignes destinées à asservir les citoyens sont promulguées au mépris de la démocratie, la CGT Cochin ne peut que constater que le pays est plus que jamais divisé, division qui est précisément l’effet de cette politique patronale qui profite à quelques-uns et appauvrit la très grande majorité des citoyens. Le légitime sentiment d’injustice, général dans tout le pays, est particulièrement flagrant dans notre hôpital qui, à travers les nombreuses restructurations, subit de plein fouet cette offensive libérale contre les travailleurs.

 

En ce jour de commémoration de la Libération de Paris – Libération à laquelle la CGT participa massivement en prenant les armes – le plus grand hommage que la CGT Cochin puisse rendre en 2016 aux libérateurs de Paris, c’est bien de rester fidèle aux valeurs qu’ils ont défendues, c’est bien de continuer, comme elle l’a toujours fait, de défendre la justice sociale, l’équité et la solidarité.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin

 

 

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:41

Mon entretien publié dans Initiative Communiste :

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/entretien-bernard-giusti-de-cgt-de-lhopital-cochin-ic-n170-lisez-abonnez-a-initiative-communiste/

 

, secrétaire général adjoint de la CGT de l’hôpital Cochin, a accepté de répondre aux questions d’Initiative Communiste.

 

BERNARD GIUSTI : Pour nous il y a un lien évident. La casse des hôpitaux, de la Santé et des services publics en général, découle directement de la politique libérale européenne.

Les services publics « à la française » (rappelons qu’idéalement les services publics dans le cadre de la République issue de 1789 sont supposés assurer l’égalité entre les citoyens) sont incompatibles avec les objectifs du capitalisme (pour les capitalistes, l’Europe n’est qu’un marché parmi d’autres).

« La casse des hôpitaux, de la Santé et des services publics en général, découle directement de la politique libérale européenne »

Ils veulent casser les services publics pour les ouvrir au marché, c’est-à-dire à la privatisation, aux bénéfices privés. Et aujourd’hui, le cancer de la privatisation gagne tous les secteurs de tous les services publics. La casse des hôpitaux s’inscrit dans cette démarche libérale de privatisation, et au-delà de disparition de l’Etat en tant que décideur au profit des multinationales.

Initiative Communiste : La CGT-Cochin reste sur des positions et sur des pratiques de classe inébranlables. Or les états-majors syndicaux affirment que rester trop « rouge », c’est se couper du salariat, de la « modernité », etc. Qu’en dis-tu à l’épreuve des faits ?

BERNARD GIUSTI : L’expérience de terrain montre quotidiennement la réalité de la lutte des classes. Chaque fois que certains opposent une soi-disant « modernité » à des pratiques de luttes des classes, en laissant entendre que ces pratiques sont dépassées, passéistes, que disent-ils en réalité ? Ils disent que les travailleurs doivent cesser de s’engager dans des rapports de force avec le patronat et avec les gouvernements à la botte du capitalisme. Ils disent qu’il faut négocier, et qu’il faut négocier sur les revendications du patronat ! Négocier sur les revendications du patronat, c’est être assurés que les travailleurs seront perdants, c’est évident : je ne connais pas de patron qui dise « Je veux vous augmenter, alors on va négocier » ! En réalité, ils savent bien que ce sont les salariés qui détiennent le pouvoir, car sans eux les patrons ne sont rien. D’où leurs manœuvres pour tenter de désarmer les travailleurs, et l’un de leurs arguments est la « nécessaire modernisation » du combat syndical, c’est-à-dire la pratique systématique de la négociation (comme le fait la CFDT par exemple, et l’on voit ce que ça donne !). Ce n’est pas pour rien si Merkel se permet de déclarer que « la démocratie doit s’adapter aux lois du marché »… Pour la CGT Cochin, les luttes quotidiennes montrent l’inverse, montrent que la lutte des classes est loin d’être obsolète : seuls les rapports de force permettent de défendre efficacement les travailleurs. Mais pour cela, il faut commencer par construire des syndicats de terrain forts, ce qui demande beaucoup de travail, aussi je ne suis pas surpris quand certains parmi les syndicalistes parlent eux aussi de « modernité »…

Initiative Communiste : Comment réussissez-vous tout à la fois à intégrer aux luttes les travailleurs issus de l’immigration et à défendre sur des bases progressistes et antiracistes l’héritage révolutionnaire de la Nation : Robespierre, Commune, Front populaire, CNR, etc. ?

BERNARD GIUSTI : Précisément grâce au travail de terrain. Notamment, nous organisons environ tous les deux mois une « journée nouveaux arrivants » pour accueillir les camarades qui viennent de se syndiquer. Lors de cette journée, nous faisons un historique des luttes politiques et syndicales à travers l’histoire depuis la Révolution française, histoire de la CGT et du syndicalisme, mais aussi Histoire avec un grand H. En expliquant l’histoire et les concepts (celui de Nation par exemple), nous pouvons mettre en évidence les rapports étroits, voire la continuité, entre ce que nous vivons aujourd’hui et les rapports de forces tels qu’ils se sont manifestés dans l’histoire, tous ce que ceux qui nous ont précédés ont accompli. Nous expliquons aussi les principes fondamentaux de la lutte des classes et ceux du capitalisme, ainsi que le fonctionnement de la démocratie syndicale au sein de notre CGT Cochin, le fonctionnement des instances dans nos hôpitaux, etc. Tout ceci permet à un grand nombre de nouveaux syndiqués de prendre conscience d’un certain nombre de choses.

Autre principe de la CGT Cochin : la nécessaire rotation des mandatures au sein du syndicat, à tous les niveaux. Il faut que les plus jeunes (et nous avons des jeunes !) puissent s’investir s’ils le désirent, et il faut donc leur laisser la place. Personne ne peut s’investir si on ne lui donne aucune responsabilité. C’est pourquoi tous les mandats sont renouvelables toutes les deux mandatures, ce qui permet à ceux qui sont en place de préparer ceux qui viennent d’arriver. Bref, c’est toute une pratique qui permet à tout un chacun d’être finalement « un citoyen du syndicat », sans distinction d’origine ou de quoi que ce soit. Ce que nous faisons quotidiennement permet de lutter efficacement contre le communautarisme ou le corporatisme, par exemple. Nous appliquons finalement la « vertu républicaine » : le bien de tous doit toujours primer sur les intérêts particuliers.

Initiative Communiste : La CGT-Cochin ne se contente pas de lutter, elle publie un journal d’un haut niveau idéologique. Quel lien faites-vous entre l’action syndicale proprement dite et le travail d’explication ?

BERNARD GIUSTI : Je crois que je viens de répondre à cette question. J’ajouterai que le lien est évident : il ne peut y avoir de lutte syndicale efficace sans qu’il y ait dans le même temps tout un travail explicatif idéologique. Sans une conscience idéologiquement claire, la lutte syndicale se résume à répondre aux coups assénés par le capitalisme. En dehors de la lutte syndicale et du syndicat, je milite aussi sur d’autres plans, notamment idéologiques. Il me semblait nécessaire d’essayer de mettre en place « L’Anti-Casse », notre journal, afin de poursuivre et amplifier notre lutte. J’ai la chance d’avoir pour compagne de route une militante exceptionnelle, Marise Dantin, qui est sur la même « longueur d’ondes » que moi, et des camarades de la CE très motivés. Aussi, tous les camarades ont-ils accepté avec enthousiasme la création de ce journal. La seule consigne que je donne est que quel que soit le sujet traité, il doit être mis en relation avec les grandes lignes de la politique nationale ou internationale.

Initiative Communiste : A votre avis, que faudrait-il faire que ne font pas les confédés pour gagner les bras de fer nationaux avec le MEDEF, au lieu d’enfiler les défaites au risque de décourager les travailleurs et de voir monter la pire réaction ?

BERNARD GIUSTI : Notre confédé CGT vient d’élire avec éclat Philippe Martinez, et je dois dire que la CGT Cochin s’en réjouit. Nous espérons que cela permettra à la CGT de sortir d’une longue période marquée par le réformisme (ce qui a conduit entre autre à une baisse sensible des syndiqués au niveau national). Mais je ne peux pas parler à la place de nos dirigeants nationaux. Ce que je crois profondément, c’est que c’est avant tout sur le terrain que les bras de fer, y compris nationaux, se gagnent. Les dirigeants nationaux, quels qu’ils soient, ne pourront rien faire sans les bases si ces bases se renforcent dans la lutte des classes. Pour cela il faut appliquer les vieilles méthodes du syndicalisme (celles de Krasucki) qui certes n’ont pas un goût de « modernité » ( !) mais sont très efficaces. Ce que j’exposais plus haut en fait partie, et notre syndicat CGT Cochin ne cesse d’augmenter le nombre de ses syndiqués. Quelle que soit la bonne volonté de Philippe Martinez, rien ne sera possible sans le soutien massif des travailleurs. Une fois encore, les patrons le savent, eux : seuls les rapports de force comptent. Tant qu’il n’y aura pas de mobilisation massive (et ça c’est avant le travail de chaque syndicat de terrain) le patronat continuera à mettre en place ses sbires, les Hollande, les Sarko, les Le Pen…, et à imposer sa dictature.

le « syndicalisme rassemblé » a fait un tort considérable non seulement à la CGT mais surtout aux travailleurs.

Pour finir, je dois dire que le « syndicalisme rassemblé » a fait un tort considérable non seulement à la CGT mais surtout aux travailleurs. Ce qui a grandement contribué à la « démotivation » et aux défaites, c’est ce qui s’est passé pour les retraites. La mobilisation a été massive, mais au nom du syndicalisme rassemblé nous nous sommes retrouvés avec des grèves en sauts de puce au lieu d’une grève générale, et ça a été catastrophique.

Rassembler est une bonne chose, mais seulement autour de nos valeurs à nous, sinon ce n’est plus un rassemblement mais un ramassis de n’importe quoi.

D’autre part, ce qu’un certain nombre de militants, à tous les niveaux, n’ont pas compris, c’est que les principes donnent une direction générale, mais que les décisions doivent toujours se fonder sur une seule chose : l’intérêt des travailleurs. Pour le dire autrement, les travailleurs ne sont pas des pions au service de l’idéologie…

Bernard Giusti est le Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:24

Le 51e Congrès de la CGT vient d’élire avec éclat notre camarade Philippe Martinez au poste de Secrétaire Général de la Confédération. La CGT Cochin, qui a toujours milité pour une CGT clairement engagée dans une ligne de lutte des classes, s’en félicite vivement. La CGT Cochin poursuivra ses combats avec d’autant plus d’efficacité que lors de ce Congrès national la CGT tout entière a clairement signifié son intention d’intensifier et de mener à bien les luttes offensives contre le patronat et les gouvernements qui le soutiennent. La CGT Cochin choisira toujours de défendre les intérêts des travailleurs !

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Réforme du Code du Travail, plan Hirsch, sous-effectifs dans nos hôpitaux (p.4), précarisation des agents (p.8), stigmatisation des plus faibles (p.9), flicage accru des soignants (p.10), criminalisation des syndicalistes, inégalités de traitement (p.12) : les sujets abordés dans ce numéro de l’Anti-Casse ont en commun de traiter parfaitement d’un système libéral qui impose sa dictature économique aux citoyens. Au nom de prétendues «nécessités économiques» (qui en fait n’ont rien de nécessaire mais sont tout simplement des choix politiques) ce système plonge la plus grande partie des citoyens dans la précarité et l’incertitude de l’avenir, réduisant les ressources d’un grand nombre jusqu’à les jeter dans la misère pour le seul profit de quelques privilégiés.

Il fut un temps où nous étions en République, c’est-à-dire dans un système qui prônait que le bien de tous devait toujours passer avant les intérêts privés. Aujourd’hui nous constatons quotidiennement que le patronat et les dirigeants français ne se soucient plus du bien public, mais au contraire qu’ils livrent le pays aux appétits insatiables des multinationales. Tout est fait dans ce sens. L’un des arguments favoris des politiciens aux ordres de la finance pour «vendre» la Loi EL Khomri (qui jettent les ouvriers et employés en pâture aux patrons, lesquels pourront les traiter comme ils le voudront), l’un de ces arguments donc est «qu’il ne faut pas dissuader les investisseurs étrangers d’investir en France», les investisseurs étant supposés créer des emplois. Mais ce sont précisément les investisseurs (étrangers ou non) qui n’hésitent pas à délocaliser et licencier dès que l’augmentation annuelle de leurs profits ne leur paraît pas suffisante ! Qu’importe que l’entreprise soit bénéficiaire si les actionnaires et autres sangsues n’engraissent pas assez, on ferme l’entreprise ! Avec la Loi El Khomri [cf. pp. 6-7] il est certain qu’en livrant les travailleurs à la merci des patrons les profits de quelques-uns parmi les plus riches augmenteront encore.
Le Plan Hirsch [cf. p.5], établi avec la complicité de la CFDT,  vient en appoint de la Réforme du Code du Travail. Il signifie d’abord une baisse de nos salaires puisque nous travaillerons au minimum une semaine de plus par an pour le même salaire. Il signifie que les agents de nos hôpitaux sont désormais taillables et corvéables à merci : par exemple, un cadre pourra annuler vos repos la veille pour le lendemain (et tant pis pour vos projets prévus de longue date). Ou bien encore, il signifie que si vous êtes absent plus de 3 jours, vous aurez droit à votre retour à un «entretien» obligatoire avec vos cadres, c’est-à-dire qu’il vous faudra justifier votre absence, même s’il s’agit d’un arrêt maladie ; il s’agit en réalité d’un entretien disciplinaire dissimulé destiné à culpabiliser les agents.
Plan Hirsch, Réforme du Code du Travail, loi NOTRe, Traité commercial transatlantique, etc., tout cela fait partie d’un vaste plan d’ensemble destiné à établir la dictature économique libérale sur l’ensemble des pays occidentaux, ce que Sarkozy appelle «l’Euramérique». Un système évidemment destiné à exploiter toujours plus les travailleurs. Ce que nous subissons aujourd’hui dans nos hôpitaux n’est qu’une des conséquences de cette politique libérale menée à l’échelle mondiale, relayée en France par l’intermédiaire de l’Europe libérale chargée d’écraser les nations européennes.

Les travailleurs subissent de plein fouet l’offensive libérale du patronat. Les gouvernements et le MEDEF savent que l’unité des travailleurs organisés au sein de la CGT, syndicat de lutte, est dangereuse pour leurs intérêts privés, ils savent que face à la colère populaire ils ne pourraient pas faire grand-chose. Aussi ont-ils mis en place de nombreuses mesures pour tenter de briser la résistance des travailleurs (la criminalisation des syndicalistes [cf. p.11] en fait partie, mais aussi certaines mesures de la réforme du Code du Travail comme les référendums d’entreprise [cf. pp. 6-7]). D’une façon plus générale, ils se méfient des réactions des citoyens, et c’est pourquoi ils ont instauré et maintenu l’état d’urgence, généralisé à tous les citoyens les écoutes téléphoniques et la surveillance individuelle, ou encore développé la propagande anti-syndicale à travers les médias...).

Lors de son 51e Congrès, la CGT a clairement annoncé qu’elle repartait à l’offensive sur une ligne dure de luttes des classes. A la quasi-unanimité, les militants CGT ont rejeté le réformisme qui conduit inévitablement à aller négocier sur les revendications patronales, c’est-à-dire à aller négocier au détriment des travailleurs, comme le fait la CFDT. Il faut arrêter les libéraux de tout poil qui pillent le pays et volent les travailleurs. Pour cela, le Congrès, après avoir élu à la tête de la CGT Philipe Martinez avec 95,4% des voix, a voté le principe de la grève générale reconductible.
Il est par ailleurs probable que le durcissement de la CGT à la suite de son 51e Congrès entraînera une dynamique offensive plus générale, notamment dans les partis politiques de la “vraie gauche”. Un certain nombre de nos concitoyens se sont tournés ces dernières années vers le Front National de Marine Le Pen, en pensant que ce serait le seul moyen de sortir de du système insupportable dans lequel nous vivons. Mais c’est un leurre : ce que propose Marine Le Pen est calqué sur le régime du Maréchal Pétain, qui a conduit à ce que les citoyens perdent leur liberté et que les patrons s’enrichissent encore plus. En réalité, Marine Le Pen est ce que le système politique actuel peut produire de plus dur et de plus néfaste pour tous les citoyens. Il est donc indispensable que les partis politiques à la gauche du PS reviennent à des propositions politiques et cessent de se perdre dans le “sociétal”. Oui, il faut changer de système, il faut renverser le système actuel, balayer les Hollande, les Sarkozy et autres sangsues, il faut redonner aux citoyens leur dignité et le contrôle de leur vie et répartir équitablement les richesses du pays. Le régime autoritaire et fascisant de Marine Le Pen, c’est tout le contraire.

Dans tout le pays le ras-le-bol est général. Entreprises privées et services public, tout le monde subit la même exploitation, qui conduit notamment à toujours travailler plus pour gagner moins. Seul un mouvement de rejet massif par les citoyens de la politique d’austérité libérale pourra faire reculer les patrons et les gouvernements. L’élection de Philippe Martinez leur fait déjà très peur ! Mais le véritable rapport de forces se fera dans les entreprises, dans les services publics et dans la rue !

La CGT Cochin, quant à elle, toujours fidèle à sa ligne de luttes des classes et quotidiennement engagée dans la défense des travailleurs, sera plus que jamais à vos côtés !


Bernard Giusti
Secrétaire Général Adjoint

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 13:23

Un entretien avec Bernard Giusti

sera diffusé sur Radio Résonance Bourges (96.9)

 

le jeudi 7 janvier à 18 h 10

 

et le samedi 9 janvier à 13 h 10

 

Cet entretien d'environ 50 minutes sera ensuite disponible en rediffusion (podcast) sur le site de Radio Résonance : www.radio-resonance.org

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Published by Bernard Giusti - dans Entretiens bernardgiusti
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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 14:42

 

Chers camarades,

 

Bienvenue à tous pour cette 3e journée consacrée aux Départements d’Outre-Mer. C’est grâce au travail et à l’engagement de nos camarades qui ont participé tout au long de l’année au Collectif DOM de la CGT Cochin que cette journée a pu être réalisée, et il convient de les remercier !

Cette troisième journée a été placée sous les thèmes de la culture et de l’économie dans les DOM. Nous le savons tous, de nombreux artistes et intellectuels ont largement fait honneur à leurs départements d’origine, et ont brillamment enrichi l’ensemble de la culture française. Ces artistes et intellectuels ont su synthétiser de façon magistrale les influences culturelles diverses issues de ce brassage forcé que furent l’esclavage et la colonisation. On pense bien sûr à Aimé Césaire ou Edouard Glissant, et à bien d’autres encore. Mais je saluerai ici particulièrement Franz Fanon dont le combat contribua de façon essentielle à redonner une identité propre aux Domiens, et ce faisant à leur redonner leur fierté.


Sur le plan économique, notre camarade Cyril Lalane vous exposera tout à l’heure la spécificité de l’économie des DOM. Lors d’une récente conversation avec lui, je lui ai dit que nous, les « Métros », nous commencions seulement à découvrir les méfaits de la colonisation, l’Europe libérale traitant aujourd’hui les pays européens, dont la France, comme des colonies : démocratie bafouée, peuple méprisé, choix économiques dictés pour leur seul profit par des décideurs étrangers au pays, richesses pillées… Toutes choses que vous, citoyens des DOM, vous connaissez depuis longtemps…

Car ne nous y trompons pas : s’il y a bel et bien des problèmes spécifiques aux DOM, ceux-ci s’insèrent dans le cadre plus général de l’exploitation capitaliste. Et si en Europe les patrons et les financiers traitent désormais le peuple de la même façon qu’ils ont traité les colonisés, c’est parce que désormais ils se sentent assez forts pour le faire non seulement en Europe, mais sur toute la planète. Le but du capitalisme est toujours le même partout, quelle que soit la couleur de la peau et quelle que soit l’histoire : augmenter les profits sur le dos des travailleurs. L’esclavage n’est pas une « errance de l’histoire », ce n’est pas un fait historique qui ne se reproduira plus : c’est tout simplement l’idéal capitaliste qui vise à exploiter au maximum ceux qui produisent les richesses pour en tirer le maximum de profits.

Domiens ou Métros, le capitalisme emploie tous les moyens pour nous diviser, pour diviser les travailleurs. Mais unis et solidaires, nous pourrons nous débarrasser de ceux qui nous exploitent. Et c’est pourquoi cette journée DOM de la CGT Cochin est aussi et avant tout l’affirmation de notre union et de notre solidarité !

Alors bonne journée à tous, chers camarades, et vive la lutte des classes !

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 14:38

 

Aujourd’hui nous commémorons le 71e anniversaire de la Libération de Paris et le 70e anniversaire de l’effondrement et de la disparition du régime nazi. Plus que jamais en cette année 2015, il est important de rappeler que ces deux évènements historiques doivent être indissolublement liés dans notre mémoire. Car sans l’effondrement de l’Etat Français de Pétain d’abord et celui du régime nazi ensuite, le formidable et généreux programme du Conseil National de la Résistance (CNR) n’aurait pu être mis en place. Rappelons une fois de plus que le programme du CNR permit la création de la Sécurité Sociale et des soins gratuits pour tous, la protection maternelle et infantile, les retraites par répartition, bref, une large protection sociale qui permettait à tous les travailleurs de subvenir à leurs besoins élémentaires. Dans le même temps, ce programme, élaboré avec toutes les forces vives de la Nation, à l’exception du patronat français (la très grande majorité des patrons ayant ouvertement et honteusement collaboré avec les nazis), dans le même temps donc les banques et les ressources naturelles et énergétiques furent nationalisées afin d’éviter que les intérêts particuliers du patronat ne supplantent les intérêts de la Nation.

Car nous devons nous souvenir que ce qui présida à l’élaboration du programme du CNR c’était le principe de la « Vertu Républicaine », telle qu’elle avait été conçue en 1789 et surtout en 1793, à savoir que le Bien public doit toujours l’emporter sur les intérêts particuliers, que l’intérêt de tous doit toujours primer sur les intérêts de chacun.

 

Aujourd’hui, en 2015, force est de constater que tout cela est en train d’être balayé par un patronat impitoyable et revanchard. Les valeurs défendues jadis, en 1944 et en 1945, sont aujourd’hui piétinées par les financiers et le patronat internationaux et par les politiciens qui les représentent. Sous couvert de l’Europe libérale, ils ont mis en place une véritable machine de guerre destinée à broyer les peuples, à écraser les travailleurs afin d’exercer un pouvoir sans partage, une machine mise au service de leurs seuls intérêts particuliers au détriment de l’immense majorité des citoyens.

Aujourd’hui dans l’Europe de l’ultra-libéralisme, la démocratie n’est plus qu’une parodie. En témoigne les récents évènements en Grèce. Malgré l’opposition très majoritaire du peuple grec, les financiers et les patrons ont imposé leurs plans d’austérité, avec la complicité des dirigeants européens, réduisant la grande majorité du peuple grec à la misère. C’est sans aucune vergogne qu’Angela Merkel déclarait même, à propos de lois votées par les élus du Parlement grec, que ces lois ne pouvaient pas être valables puisqu’elle et ses amis ne les avaient pas approuvées ! C’est dire qu’aujourd’hui dans cette Europe-là, les peuples n’ont plus la maîtrise de leur destin et qu’ils sont soumis à une vraie dictature de la part des véritables décideurs, les patrons et les financiers.

 

Sur le plan national, cette perversion de la démocratie, si nécessaire à l’ultra-libéralisme, a été mise en place par les gouvernements qui se sont succédés en France ces dernières décennies. Nous en avons un exemple patent avec le référendum sur le TCE, quand Nicolas Sarkozy a appliqué le TCE malgré l’opposition majoritaire des citoyens français. Nous en avons de nombreux exemples à vrai dire, comme le passage de la Loi Macron grâce au fameux décret 49-3 sous le gouvernement Hollande, une loi qui notamment livre les travailleurs français pieds et poings liés entre les mains des patrons, une loi que n’auraient pas reniée les patrons pétainistes et collaborateurs combattus jadis par les libérateurs de Paris.

 

Pour la CGT Cochin, cette perversion de la démocratie et cette dictature économique qui ne dit pas son nom se retrouvent dans les méthodes employées au jour le jour par les principaux décideurs de nos institutions, fidèles serviteurs de l’ultra-libéralisme et de la régression sociale.

A l’APHP, nous en voyons un exemple actuel avec les pseudos « consultations du personnel » imposées sous couvert précisément de démocratie. Mais que peuvent signifier ces réunions de service, dans lesquelles le personnel est supposé donner son avis, alors que la suppression des RTT a déjà été actée ? En réalité, qu’il s’agisse du personnel de l’APHP ou plus généralement des électeurs en France, on ne les consulte plus que pour la forme, les décisions étant prises sans leur aval.

Pour ce qui nous concerne, participer aux négociations et aux réunions de service au sujet de la suppression des RTT, sous couvert de réorganisation du temps de travail, c’est être assurés d’être perdants.

 

Pour la CGT Cochin, le rétablissement de la démocratie et l’abolition de la dictature économique passent avant tout par la mobilisation des travailleurs sur le terrain. Si nous voulons être fidèles à l’esprit du programme du CNR, si nous voulons rétablir une véritable politique de progrès social, il est nécessaire de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui servent les intérêts de quelques-uns en appauvrissant chaque jour un peu plus l’immense majorité de la population. Il est donc nécessaire de changer de système. Face à cette mainmise de l’ultra-libéralisme sur tous les aspects de notre vie (économique, politique, sociale, privée), face aux immenses défis que nous devons relever, face à cette régression qui nous a ramenés à une époque antérieure à la Libération de Paris, la CGT Cochin combattra toujours sur le terrain aux côtés des travailleurs.

 

La commémoration de la Libération de Paris, le recueillement devant les héros qui ont combattu l’horreur et l’infamie pétainiste et nazie, sont aussi l’occasion de nous rappeler que quel que soit le talon de fer qui s’abat sur un peuple, et quelle que soit l’apparente apathie de ce peuple, il vient toujours un jour où le peuple se révolte.

 

Discours de Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin

 

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 13:37

lundi 27 avril 2015 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint, Marise Dantin Secrétaire Générale

Après avoir pris connaissance de l’organisation de la manifestation du 1er mai 2015, nous ne pouvons valider le fait que ce 1er mai sera sous l’égide de la CES, qui regroupe en son sein des syndicats manifestement engagés dans la collaboration avec le patronat et la finance (CFDT, UNSA...).
Que fait par exemple la CES pour aider la Grèce malgré la volonté très majoritaire des travailleurs de ce pays
?


Nous sommes solidaires de tous les travailleurs, notamment européens, mais ne pouvons nous résoudre à défiler sous la bannière d’une structure qui manifestement convient au patronat...


"La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat".
La lutte des classes est une réalité permanente : à chacun de choisir le côté de la barricade où il veut combattre. On ne peut être des deux côtés de la barricade en même temps
.


Marise Dantin & Bernard Giusti
CGT Cochin

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 11:53

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Published by Bernard Giusti - dans Sur la route... bernardgiusti
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